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mardi, 19 août 2014 14:46

Intervention et réponses aux questions des médias du ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov lors de la conférence de presse conjointe à l'issue des négociations avec le ministre des Affaires étrangères de la République du Kazakhstan

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Erlan Abilfaïzovitch,

Mesdames et Messieurs,

Je partage entièrement les évaluations exprimées par le ministre des Affaires étrangères de la République du Kazakhstan, M.Idrissov, relatives aux négociations que nous avons tenues aujourd’hui à Oust-Kamenogorsk.

Nous avons de bonnes impressions après avoir visité cette partie du Kazakhstan : les villes et les régions reflètent visiblement le caractère multinational de la population du Kazakhstan. Nous apprécions ce multinationalisme, parce que nos pays se ressemblent et nous tenons à ce que tous vivent en paix et en harmonie les uns avec les autres. En tant qu'amis, nous en avons parlé aujourd'hui sincèrement et en détail.

Nous avons envisagé la mise en œuvre des accords conclus entre les présidents de nos pays, qui se rencontrent assez souvent : seulement cette année ils ont eu trois rencontres, et d'ici la fin de l'année les président s’entretiendront encore au moins trois fois.

Nous avons discuté de la mise en œuvre du Plan d'action conjoint entre la Russie et le Kazakhstan pour la période 2013-2015, ainsi que de l'état de notre coopération multiforme dans les domaines économique, humanitaire, celui de l’énergie et d'autres. Nous sommes convenus des priorités dans le travail des ministères et départements afin d'optimiser la mise en œuvre efficace des objectifs déterminés par les dirigeants de la Russie et du Kazakhstan.

Les questions internationales est notre champ de coopération et coordination étroites. Comme les alliés et les partenaires stratégiques, nous coordonnons nos actions sur une base bilatérale et dans le cadre de l'OTSC. Cela s’applique également aux activités au sein de l'ONU, l'OSCE et d'autres forums, y compris la Conférence sur l'interaction et les mesures de confiance en Asie, l'Organisation de la coopération islamique, où la Russie assume le rôle d’observateur, et le Kazakhstan accueillera le siège de l'organisation économique de l'OCI. La CEI et l’OCS sont les structures qui connaissent de grands changements nécessaires à leur développement. Ce sujet, nous l’avons également évoqué aujourd’hui.

On peut beaucoup parler de notre ordre du jour, il est vraiment très intense. Il n’y a pratiquement aucune question régionale ou internationale, qui n'aurait pas été envisagée entre nos deux pays. Nous sommes intéressés à se soutenir mutuellement sur l'arène internationale. Nous suivons de près le renforcement du Kazakhstan dans les affaires mondiales, en l’encourageant et se réjouissant. Nous continuons à nous féliciter de l’avancement de ce processus.

Je tiens à remercier le ministre des Affaires étrangères de la République du Kazakhstan, M.Idrissov, les dirigeants de la région du Kazakhstan oriental et la mairie d’Oust-Kamenogorsk pour l'accueil chaleureux de notre délégation.

Question: Immédiatement après l'introduction de sanctions contre la compagnie russe « Dobrolet » on a annoncé que le ministère des Transports en collaboration avec le ministère russe des Affaires étrangères envisageraient la question des restrictions ou une interdiction totale de survol de la Sibérie pour les compagnies aériennes européennes. Est-ce vrai? Si c'est le cas, quand cette mesure peut prendre effet?

S.Lavrov: Je ne veux pas commenter des rumeurs. Tout le monde est au courant que l'espace aérien russe est activement utilisé par les compagnies aériennes étrangères - européennes, américaines et asiatiques. Je ne suis pas partisan des interdictions et de la création de vrais problèmes pour les passagers - les citoyens ordinaires qui n'ont rien à voir avec ce que font en Ukraine ceux qui ont déclenché cette guerre. Je le répète, je ne vais pas commenter des rumeurs. Hier, en donnant le commentaire de cette situation, le président russe Vladimir Poutine a déclaré que les Etats responsables devraient penser aux conséquences que leurs actions auront pour les consommateurs et les entreprises russes. Nous présumons que nos partenaires occidentaux devraient réfléchir à leurs citoyens et entreprises.

Question: Quelles sont les perspectives de la coopération entre la Russie et le Kazakhstan dans le domaine de l'énergie nucléaire?

S.Lavrov: Nous en avons discuté aujourd'hui. A mon avis, les perspectives sont bonnes et favorables. Les départements de nos pays responsables pour l'énergie nucléaire sont en contact permanent : tout récemment nous avons tenu des consultations régulières et ont signé un mémorandum concernant le plan de la construction d’une centrale nucléaire au Kazakhstan, nos pays préparent l'accord intergouvernemental approprié.

Nous avons mentionné aujourd'hui l’usine métallurgique d'Oulbinsk, que nous avons eu la chance de visiter. C'est vraiment une entreprise légendaire. En général, dans le cadre de la coopération de cette usine avec des partenaires russes il y a beaucoup d'idées intéressantes, qui en pratique pourraient être très demandées.

Donc, à mon avis, tout marche assez bien dans ce domaine.

Question: La Russie a une nouvelle fois avancé l'initiative au sein des Nations Unies sur la nécessité de la création urgente d'un corridor humanitaire dans le Sud-Est de l'Ukraine, y compris, éventuellement, sous les auspices du Comité international de la Croix-Rouge (CICR). Les autres membres du Conseil de sécurité des Nations Unies ont accueilli cette initiative avec retenue. Est-ce que l'initiative russe a le soutien d'autres pays et organisations internationales, y compris le CICR?

S.Lavrov: Pour le règlement de cette question la résolution du Conseil de sécurité de l'ONU n’est pas nécessaire. Nous avons organisé une réunion pour attirer l'attention sur la situation humanitaire dramatique dans le Sud-Est de l'Ukraine, qui est devenue une catastrophe humanitaire, et sur les évaluations du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés, publiées la veille. Selon les données de l'ONU, plus de 700 mille Ukrainiens ont traversé la frontière avec la Russie, dont 136 mille personnes ont officiellement introduit une demande d'asile. Ces chiffres sont impressionnants. Vous connaissez la situation dans la région de Rostov et d'autres régions de la Fédération de Russie, où, à travers la région de Rostov passent les réfugiés en provenance d'Ukraine. Afin de soulager les souffrances de ceux qui n'ont pas de possibilité de quitter le Sud-Est et se rendre dans d'autres parties de l'Ukraine ou à l'étranger, nous avons soulevé la question devant le CICR pour que cette organisation autoritaire et respectée fournisse son égide pour les convois humanitaires, notamment pour les régions de Lougansk et de Donetsk, y compris la fourniture de générateurs, des installations de purification de l'eau, du matériel médical, des médicaments, de la nourriture et d'autres produits de première nécessité. Lougansk n’a pratiquement pas d'électricité ni d'eau. La situation n’est pas meilleure à Donetsk et les villages environnants.

Je peux dire que les dirigeants du CICR ont soutenu cette approche et, je l'espère, vont travailler sur les aspects pratiques de la mise en œuvre de cette initiative.

Mais nos appels multiples au sein de l'ONU, l'OSCE et le Conseil de l'Europe aux Etats membres de ces organisations ont pour but d’attirer l'attention sur ce qui se passe dans le Sud-Est d'un point de vue humanitaire. La dissimulation consciente de ce qui se passe est une tentative délibérée de tromper la communauté, de présenter des informations fautives.

Nous avons déjà cité un exemple lorsque les journalistes occidentaux travaillant en Russie n'ont montré aucune initiative pour aller à la région de Rostov et voir de leurs propres yeux ce qui se passe là-bas, parler aux réfugiés, demander ce qu'ils ont vécu dans la soi-disant zone de « l’opération anti-terroriste », qui est en fait la guerre civile. Les journalistes occidentaux n'ont pas d'enthousiasme pour aller là-bas et parler avec les témoins vivants de ce qui se passe.

Il y a quelques jours il y avait un cas peu commun. Nous avons offert aux journalistes étrangers accrédités auprès du ministère russe des Affaires étrangères de prendre un vol, que le ministère de la Défense dirigeait à Rostov-sur-le-Don, pour qu’ils s’y rendent pour une journée, sans y passer la nuit, sans frais, pour parler avec les réfugiés et les soldats ukrainiens qui avaient traversé la frontière et qui bénéficiaient d’une assistance médicale et d’aide nécessaire. De nombreux journalistes ont accepté l'offre, à l’exception des médias américains. Seulement l'agence d'information « Bloomberg » a envoyé son journaliste, tous les autres ont refusé. Un journaliste de « Reuters », qui a confirmé sa participation et était en route pour l'aéroport, a refusé d'y aller, apparemment après avoir reçu un appel de la direction de cette agence indépendante de premier plan. Bien sûr, la situation est déjà évidente pour tous les gens honnêtes, et nous espérons que la profession de journaliste ne sera pas confrontée à la nécessité de se détourner des bases d'un journalisme libre.

Question: Quelle est votre attitude à l’intention de l'Arménie et le Kirghizistan de rejoindre l’Union économique eurasienne?

S.Lavrov (répond après E.Idrissov): Après la signature du traité instituant l'Union économique eurasienne le 29 mai 2014 les présidents de la Russie, la Biélorussie et le Kazakhstan ont également examiné les perspectives de son élargissement. L’Arménie et le Kirghizistan, ayant exprimé leur intérêt à adhérer à cette organisation, ont présenté leurs «feuilles de route», qui avait été convenues avec les membres de la «troïka». L’Arménie a rempli cette «feuille de route». Comme le ministre des Affaires étrangères du Kazakhstan M.Idrissov l’a dit, maintenant il s’agit des aspects techniques et organisationnels de la cérémonie d’adhésion de l'Arménie à l’Union économique eurasienne. En ce qui concerne le Kirghizistan, la "feuille de route" est mise en œuvre. Je tiens à noter que le Kazakhstan et la Russie aident bilatéralement ce pays dans la mise en œuvre des mesures prévues, nécessaires pour devenir un membre à part entière de l’Union économique eurasienne. Nous évaluons ces processus de manière positive et essayons de les promouvoir par tous les moyens possibles.

mid.ru

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