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samedi, 29 mars 2014 00:25

Article du ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, « Priorité de la Russie consiste à renforcer l'amitié et la coopération dans la zone européenne au XXIe siècle », publié dans l’édition jubilaire de mars du magazine du Club Européen

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Je suis heureux de saisir cette occasion pour m’adresser aux lecteurs de l’édition jubilaire du magazine du Club Européen parlementaire russe, qui contribue à la bonne cause d’un développement de la large coopération constructive sur notre continent.

Le siècle dernier, l'Europe a connu de nombreux bouleversements, notamment les catastrophes de deux guerres mondiales, dont les anniversaires seront célébrés cette année. Ces événements tragiques sont un exemple clair des conséquences qui peuvent être entraînées suite à une croyance dans sa propre exclusivité, les tentatives de renforcer sa sécurité et d'assurer ses propres intérêts au détriment des autres. On pourrait croire qu’après avoir fait des conclusions appropriées de l'expérience historique, notre continent doit se lancer dans un partenariat mutuellement bénéfique et le développement durable pour le bien des générations présentes et futures. D’autant plus que les différends idéologiques, qui ont divisé l'Europe au XXe siècle, sont restés dans le passé – le mur de Berlin, en tant que symbole de ces événements, a été détruit il y a un quart de siècle.

Toutefois, l'héritage de la " guerre froide " n'a pas été complètement surmonté, le problème d'effacement des lignes de démarcation en Europe est encore loin d'être résolu. Nos partenaires occidentaux poursuivent leurs tentatives de diviser les pays européens selon le logique « pays de l’UE » et « pays étrangers», d’imposer un faux choix « avec nous ou contre nous », ce que démontre la situation autour de l'Ukraine. Le régime des visas n’est pas aboli. Les objectifs de la mise en place dans l’euro-atlantique d’un espace commun de la paix, de la sécurité et de la stabilité, formulés dans le cadre de l'OSCE et le Conseil OTAN-Russie, ne sont pas remplis.

Dans le même temps, l'Europe n'est plus au centre de la politique mondiale, et elle doit tenir compte d’un renforcement d’autres centres de pouvoir et d'influence, et défendre sa position dans le monde concurrentiel. Il est évident, que le "vieux continent" ne peut s’assurer la place digne dans le nouveau système international qu’à travers l'union du potentiel de tous ses pays, ce qui donnerait un élan à leur développement, ainsi que renforcerait leur position sur la scène internationale.

Dans ce contexte, l'importance des relations entre la Fédération de Russie et l'Union européenne - les deux plus grands acteurs de l'espace européen - ne fait qu'augmenter. Beaucoup a été fait au cours des deux dernières décennies. Nous avons convenu de créer quatre espaces communs. En 2012, un niveau record de 410 milliards de dollars a atteint le volume des échanges mutuels, et il y a des raisons de croire qu’à l’issue de l'année dernière, ces chiffres seront encore plus élevés. Notre pays est le premier fournisseur d'hydrocarbures vers le marché européen. La Russie et l'UE travaillent en étroite collaboration dans le domaine de l'investissement, la mise en œuvre des projets mutuellement bénéfiques dans l'innovation et les domaines scientifiques et technologiques dans le cadre de l'initiative conjointe « Partenariat pour la modernisation ». On constate le développement sans précédent des contacts entre les gens.

Cependant, les stéréotypes de l’époque de confrontation empêchent encore un saut qualitatif dans les relations. Nous avons besoin de comprendre si nos partenaires dans l'Union européenne sont prêts de se fonder dans leurs action sur les principes d'égalité et le respect mutuel des intérêts communs, pas en paroles, mais en réalité. L'expérience historique montre que les tentatives visant à isoler la Russie ont eu de graves conséquences pour l'ensemble de l'Europe, et vice versa - la participation active de notre pays dans les affaires du continent a été accompagnée par de longues périodes de paix et de développement.

À notre avis, la Russie et l'Union européenne sont parvenus à un point où les efforts pour approfondir les interactions commencent à tourner en rond suite à l’absence des objectifs stratégiques clairement définis. Le président russe Vladimir Poutine a lancé une initiative d'harmonisation des processus cohérents de l'intégration européenne et eurasienne dans le but de créer un espace économique et humanitaire commun de l'Atlantique au Pacifique. Pour mettre en œuvre cette tâche ambitieuse il y a toutes les conditions préalables : les racines civilisationnelles et culturelles communes, l’interdépendance des économies, l'engagement à des règles communes du commerce conformément aux règles de l'OMC, la nécessité de nouvelles sources de croissance et d'innovation.

Le passage à un tout nouveau niveau d'interaction entre la Russie et l'Union européenne n’est pas envisageable sans la participation très active de la partie européenne. Les organisations parlementaires et publiques de la Russie et de l'UE jouent un rôle crucial dans le renforcement du partenariat stratégique, la confiance et la compréhension mutuelle entre les peuples, l'élargissement des liens et des contacts humanitaires. Le potentiel de la diplomatie parlementaire est également très important, notamment au niveau de l'OSCE et du Conseil de l'Europe – les Assemblées parlementaires de ces organismes offrent des plates-formes pour le développement de la coopération européenne fondée sur des valeurs et des normes communes. Pour que leurs capacités soient pleinement réalisés, il est nécessaire d'abandonner les tentatives de les utiliser comme un outil pour mettre en œuvre les politiques de certains groupes de pays, les orienter vers des tâches vraiment importantes de la construction de la maison commune européenne. Les mécanismes d’un dialogue interparlementaire doivent viser à approfondir les liens culturels, humanitaires et éducatifs, à trouver des solutions efficaces à des problèmes tels que l’apatridie de masse, la migration incontrôlée, le trafic de drogue, l'extrémisme, le nationalisme, l'intolérance et la discrimination.

Un soutien considérable dans la résolution de ces problèmes apporte le Comité de coopération parlementaire UE-Russie dans le cadre duquel sont envisagés des principaux aspects des relations bilatérales.

Nous notons avec satisfaction la participation active de la société civile dans des processus qui se déroulent en Europe. L’activité des organisations publiques a significativement contribué au rapprochement humanitaire, culturel et économique entre les peuples européens, ainsi qu’à l'inacceptation du néo - nazisme, de la xénophobie, des tentatives de falsifier l'histoire, y compris celle de la Seconde Guerre mondiale. La liberté et la diversité des formes de communication à travers les ONG permettent d’envisager le problème de manière plus globale que dans la diplomatie traditionnelle. La possibilité de mener une discussion informelle sur tout, même les sujets les plus sensibles, est extrêmement importante, surtout pour les relations multiformes UE-Russie.

Nous présumons que le renforcement de la coopération entre les organisations de la société civile permettra d'accélérer l'élimination des barrières de visa sur le continent. Comme un anachronisme évident, les visas limitent l'expansion des relations commerciales, économiques et culturelles, ainsi que les contacts humains, ce qui est une condition préalable pour la construction d'une Grande Europe sans lignes de démarcation.

Tout en travaillant en étroite collaboration avec l'Assemblée fédérale de la Fédération de Russie et avec de nombreuses ONG locales, le ministère des Affaires étrangères s'est engagé à soutenir les initiatives de diplomatie publique. Au cours des dernières années, nous avons pris un certain nombre de mesures concrètes, y compris la création du Fonds de soutien de la diplomatie publique A.M.Gortchakov, le Conseil russe des affaires étrangères. Ces structures sont conçues pour promouvoir un dialogue constructif sur la ligne de la politique étrangère entre les organismes gouvernementaux et la société civile.

Profitant de cette occasion, je tiens à féliciter le Club Européen pour son anniversaire, je souhaite beaucoup de succès dans le renforcement de la confiance en Europe.

mid.ru

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