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LA COLONNE DE RÉDACTEUR EN CHEF
Armen Oganessian

Armen Oganessian

Rédacteur en chef

Polémisant sur Twitter avec Alexeï Pouchkov, l’ambassadeur américain McFol affi rmait qu’ « il [le Président Obama] cherche à protéger le droit international interdisant l’usage des armes chimiques ». Cette assertion fait écho au récent discours du Secrétaire d’État John Kerry, lorsqu’il déclarait que ce genre de crimes contre l’humanité ne pouvaient rester impunis.

On pourrait diffi cilement affi rmer le contraire, d’ailleurs personne ne songe à le disputer. La question est ailleurs : comment, quand, et en se basant sur quels critères peut-on condamner un tel crime ? Il serait un peu simple de riposter à chacun de ces actes à coups de Tomahawks et d’avions sans pilotes. Si l’on a affaire à un crime contre l’humanité, c’est l’humanité qui doit être juge. Mais si quelqu’un, invoquant l’humanité, mène l’enquête, assume les vérifi cations et met à exécution le verdict qu’il aura lui-même prononcé, on tombe dans l’absurde juridique, et la philosophie même de cette démarche est grosse de danger. En présence d’une masse de protestations, d’objections justifi ées et résolues, y compris de la part des alliés, tout acte « messianique » aboutit à légitimer une inquisition personnelle ou collective, et certainement pas le droit international.

mercredi, 03 juillet 2013 13:23

Qui «finlandise» qui?

L’avenir devient incertain pour nous tous si on se laisse tirer en arrière par le poids d’un passé réduit à l’état d’inconscient... La lecture de la presse étrangère qui parle de «finlandisation» par la Russie contemporaine de ses voisins prête tout simplement à sourire surtout en comparaison de la période de «finlandisation» poussée («canalisation» dans la version américaine) imposée à la Russie dans les années 1990. 

Beaucoup des générations des historiens questionneront:«Quand la guerre froide a-t-elle commencé?» Il est difficile de répondre parce que cette guerre commencait graduellement. Chaque des alliés a franchi le Rubicon à son heure. Le premier ministre britannique Churchill était le premier sans aucun doute.

Serguei Lavrov franchit en tant que ministre des affaires étrangères deux étapes dans l’évolution de la Russie et du monde: celle d’aisance relative et d’une crise financière et économique profonde qui n’est pas terminée bien que les experts ne révèlent pas de conditions objectives pour son approfondissement.