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jeudi, 16 mars 2017 16:33

Allocution et réponses à la presse du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov lors de sa conférence de presse commune avec le Ministre arménien des Affaires étrangères Edouard Nalbandian, Moscou, le 22 février 2017

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Bonjour,

Les pourparlers avec mon homologue Edouard Nalbandian, Ministre arménien des Affaires étrangères, ont été constructifs, larges et détaillés.

Nous avons débattu de pratiquement tout l'éventail de nos relations bilatérales et évoqué en détail la concertation de nos actions au sein de différentes organisations internationales.

Nous avons inauguré une exposition de textes d'archives consacrée aux 25 ans de nos relations diplomatiques. Il s'agit du premier d'une série d'événements consacrés à cet anniversaire. Ces textes auront 25 ans le 3 avril.

Ces dernières années, le développement de nos relations a été dynamique et progressif. Nous avons conclu des accords importants dans le domaine du commerce, de l'économie et des investissements. La visite récente du Premier Ministre arménien Karen Karapetian à Moscou a donné un élan supplémentaire à notre coopération sur le plan matériel. Nous préparons également une nouvelle rencontre des présidents russe et arménien. Notre partenariat parlementaire est lui aussi en plein développement. 

La Russie est le partenaire principal de l'Arménie dans le domaine du commerce extérieur. Nos échanges se maintiennent à niveau assez élevé - ils représentaient plus d'un milliard de dollars en 2016 - malgré la volatilité de l'économie internationale. Le total des investissements russes constitue près de 40% de tous les investissements étrangers en Arménie. Des projets importants sont actuellement mis en œuvre dans le domaine énergétique, des télécommunications et le secteur bancaire.

Nous avons étudié la mise en pratique du Programme de coopération économique russo-arménien à long terme à l'horizon 2020.

Nos liens humains restent intenses. L'année dernière, nous avons organisé des Journées de la Russie en Arménie, une Semaine du cinéma russe, des Journée de Moscou et de Saint-Pétersbourg, des Journées de la parole russe. Erevan a accueilli en octobre dernier le deuxième Forum russo-arménien de jeunesse "Regard commun vers l'avenir".

Nous sommes convaincus que les contacts humains resteront un vecteur de développement de nos relations. Je voudrais notamment saluer l'entrée en vigueur dès demain des amendements à l'Accord entre le Gouvernement de la Fédération de Russie et le Gouvernement de la République d'Arménie sur les déplacements sans visa des citoyens russes et arméniens, grâce auquel les Russes peuvent visiter l'Arménie avec leurs passeports nationaux.

Nous considérons Erevan comme l'un de nos partenaires-clés dans l'espace de la CEI et un participant actif à tous les processus d'intégration. Nous poursuivrons notre coopération dans le cadre de l'Union économique eurasiatique, de l'OTSC et de la CEI. Nous avons concerté des initiatives concrètes visant à développer notre partenariat et notre coordination au sein de l'Onu, de l'OSCE, de l'Organisation de coopération économique de la mer Noire, du Conseil de l'Europe et d'autres institutions multilatérales.

Nous avons débattu de la situation dans le Caucase du Sud, y compris de l'état du règlement du conflit dans le Haut-Karabagh. La Russie se prononce pour la recherche de solutions mutuellement acceptables au conflit conformément aux textes signés ces dernières années par les présidents arménien et azerbaïdjanais, ainsi que par les leaders des trois pays coprésidents du Groupe de Minsk de l'OSCE: la Russie, les États-Unis et la France.

Je suis convaincu que ces négociations contribueront au développement futur de notre amitié et de nos relations d'alliés.   

Question: Le règlement du conflit du Haut-Karabagh traverse une phase de ralentissement. A nos yeux, il est tout à fait évident que cette situation est liée à la position peu constructive de la partie azerbaïdjanaise, qui accuse pour sa part les médiateurs de freiner le processus. Elle souligne notamment l'inaction du Groupe de Minsk de l'OSCE et fait tout pour changer le format des négociations afin de les faire passer au niveau parlementaire. Un tel changement de format pourrait-il, selon vous, accélérer la résolution de la crise du Haut-Karabagh?    

Sergueï Lavrov: Si nous restons attachés aux accords de principe sur la nécessité de rechercher des solutions mutuellement acceptables, je suis convaincu qu'il n'existe aucune alternative au format actuel de travail avec les coprésidents du Groupe de Minsk de l'OSCE. Cette position a été plus d'une fois confirmée par dirigeants azerbaïdjanais et arméniens dans les textes qu'ils ont signés ou conclus. Tous les membres de l'OSCE se sont également plusieurs fois prononcés pour le maintien du rôle de leader des trois coprésidents.

On ne peut pas parler d'inaction des coprésidents - je ne peux pas caractériser ainsi le travail mené dans le cadre de cette troïka. Dans les textes tripartites diffusés régulièrement en tant que documents officiels de l'OSCE, les coprésidents soutiennent justement l'accélération et l'intensification des négociations. Le dernier texte en date, adopté en marge de la Conférence de Munich sur la sécurité, souligne de manière parfaitement claire le caractère inacceptable du recours à la force afin de régler certaines crises, y compris le problème du Haut-Karabagh, l'inadmissibilité de toute rhétorique belliqueuse et la nécessité de mettre en œuvre dans leur totalité les accords signés lors des sommets ayant réuni les présidents azerbaïdjanais et arménien à Vienne et à Saint-Pétersbourg en présence du Président russe Vladimir Poutine. Ces textes sont ouverts et stipulent clairement la nécessité de travailler dans ce format et dans le cadre des principes concertés par les parties avec le soutien des coprésidents.

Question: Comment les coprésidents du Groupe de Minsk envisagent-ils de mettre en pratique les accords déjà mentionnés si l'Azerbaïdjan refuse de facto de les respecter?

Pouvez-vous commenter, s'il vous plaît, les tentatives azerbaïdjanaises de faire fermer le bureau de l'OSCE à Erevan?

Sergueï Lavrov: Nous sommes préoccupés par l'avenir du bureau de l'organisation à Erevan. Nous soutenons toujours le principe selon lequel des bureaux nationaux doivent être ouverts conformément à la volonté de l’État membre de l'OSCE concerné. Dans ce cas précis, nous sommes particulièrement concernés car le bureau est dirigé par un citoyen russe.

Concernant les programmes concrets portés par tels ou tels bureaux nationaux, ils doivent correspondre aux principes de l'OSCE et ne laisser aucun doute ni suspicion sur ce fait. Ici, nos collègues azerbaïdjanais ont des questions. La présidence allemande et - cette année - la présidence autrichienne travaillent activement pour résoudre ces questions. A mon avis, les dernières propositions de la partie autrichienne permettront de résoudre tous les problèmes existants. J'espère qu'on sera en mesure d'y revenir dans un avenir proche et qu'elles permettront de surmonter cette situation qui n'est pas très favorable pour l'OSCE.

Concernant la mise en pratique des accords existants, les coprésidents ne disposent que de moyens politiques et diplomatiques. Avec nos partenaires français et américains, nous continuerons de mettre en œuvre des initiatives afin de réunir les conditions optimales pour le déroulement de négociations constructives qui permettraient d'améliorer l'ambiance tendue et très émotive autour du règlement dans le Haut-Karabagh, et d'évoquer lors des négociations les propositions de règlement avancées, comme vous le savez, par la partie russe et soutenues activement par les coprésidents américain et français.

Question: Comment pouvez-vous commenter la déclaration du Président américain Donald Trump sur la nécessité de créer des "zones de sécurité" en Syrie aux frais des pays du Golfe?

Sergueï Lavrov: Nous avons évoqué ce sujet lors de ma rencontre avec le Secrétaire d’État américain Rex Tillerson à Bonn le 16 février en marge d'une réunion ministérielle du G20. La partie américaine a indiqué que ce schéma était en cours de conception. Il faut attendre des précisions supplémentaires. Nous estimons que les initiatives de ce genre doivent tenir compte de la situation sur le terrain en Syrie, où de nombreux acteurs ont déployé des forces terrestres et aériennes. Toutes les initiatives concernant le territoire syrien doivent être concertées avec le gouvernement du pays - au contraire de quoi leur mise en œuvre pourrait être compromise. L'initiative sur les "zones de sécurité" avancée par nos collègues américains veut dire, selon nous, que les gens qui ont temporairement quitté leur maison pourront trouver un endroit sécurisé sans prendre les risques qu'un départ sur la route sans perspectives claires représente. Qui plus est, cette initiative vise probablement à réduire l'afflux de migrants qui inquiète de plus en plus les pays européens et les États-Unis. C'est comme ça que nous voyons cette proposition et nous attendons actuellement des précisions de Washington. Nous sommes prêts à examiner d'autres suggestions concernant notre coopération en Syrie. Dans ce contexte, nous comptons sur le fait que - comme l'ont souligné le Président américain Donald Trump et le porte-parole de la Maison blanche - les États-Unis ont intérêt à travailler avec nous pour régler la crise syrienne. Cela implique évidemment une lutte intransigeante contre Daech et le Front al-Nosra, ainsi qu'une avancée du processus politique de règlement du conflit.

Question: Genève accueillera demain une rencontre sans certains représentants de l'opposition (le mouvement de Khmeimim et les Kurdes). Cela pourrait-il freiner le règlement de la crise syrienne?

Sergueï Lavrov: Comme vous le savez, notre initiative visant à former une plateforme à Astana était destinée à pousser nos collègues de l'Onu à un travail plus actif selon leur mandat. Les négociations sous l'égide des Nations unies seront donc relancées demain à Genève, notamment grâce à la contribution des rencontres à Astana. Nous avons globalement assuré une approche constructive et acceptable concernant la composition des participants à la réunion. Ces pourparlers réuniront des représentants des groupes formés par le passé lors des rencontres qui s'étaient tenues au Caire, à Moscou et à Riyad. Cela concerne également des groupes armés d'opposition qui ont participé aux négociations à Astana et ont signé des accords de cessez-le-feu avec le gouvernement syrien.

La liste des participants à la rencontre de Genève aurait évidemment pu être plus longue. Vous avez notamment mentionné les Kurdes. Nous soulignons de manière régulière la nécessité de mettre en œuvre les décisions du Conseil de sécurité de l'Onu et d'assurer la représentation de tout l'éventail de l'opposition syrienne, ce qui sera impossible sans les Kurdes. Nous comprenons qu'il existe certaines difficultés à cause des positions de tels ou tels acteurs extérieurs. Je doute pourtant que la composition actuelle des négociations de Genève soit un frein important au règlement syrien. D'autres obstacles sont beaucoup plus importants. Cette réunion est, en tout cas, un pas dans la bonne direction. Pour les étapes ultérieures des pourparlers, il sera toutefois impossible de se passer des représentants de tout l'éventail de l'opposition, notamment des Kurdes syriens.

Question: Avez-vous évoqué la coopération russo-américaine ou des initiatives concrètes dans le cadre du règlement syrien lors de votre entretien téléphonique avec votre homologue américain Rex Tillerson? Avez-vous mentionné, par exemple, la libération de Raqqa?    

Sergueï Lavrov: Nous n'avons pas évoqué le dossier syrien ou d'autres questions substantielles. Nous avions déjà débattu de tout cela à Bonn le 16 février. Hier, le Secrétaire d’État américain Rex Tillerson m'a appelé uniquement pour présenter ses condoléances suite au décès tragique de Vitali Tchourkine. Il m'a parlé de manière très chaleureuse, dans l'esprit des condoléances du Président américain Donald Trump.

 

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