InterAffairs

Ven12152017

Last update09:48:30 AM

RUS ENG FR DE PL ESP PT ZH AR

Font Size

SCREEN

Profile

Layout

Menu Style

Cpanel
LA COLONNE DE RÉDACTEUR EN CHEF

 

Discours à la séance consacrée au 30tenaire de l’Institut de l’Europe de l’Académie des sciences de Russie 

La formation de l’intégration new européenne a coïncidé avec l’étape intense du processus de globalisation. La globalisation a stimulé et encouragé la formation de l’Union européenne. Les débats sur la crise de la globalisation se déroulent simultanément aux discussions sur les phénomènes de crise dans l’intégration européenne. Une polémique a éclaté dans le journal «Financial Times» : qui est responsable du fait que la globalisation ayant apporté beaucoup de positif au développement mondial n’est pas devenue un modèle universel et harmonisant de l’ordre mondial.

Le trillème inévitable de l’économie mondiale : les contradictions entre les réalités de la démocratie, de la souveraineté et de l’intégration économique globale ont été, de l’avis des participants à la discussion, à la fois une pomme de discorde et une pierre d’achoppement. Ces tendances mondiales générales ont influé sans doute négativement sur l’intégration ayant uni une grande partie de l’Europe. Alexeï Anatolievitch Gromyko a souligné récemment que les anciens principes de l’intégration européenne n’étaient plus copiés.

Les élites européennes fidèles à l’Union européenne ne dénient pas que l’idée a pris initialement les contours de projet politique structuré « du haut en bas ». Il est indiqué dans un ouvrage collectif consacré aux problèmes de l’identification en Europe édité par l’Université de Cambridge : « Les spécialistes de l’Union européenne en sciences politiques sponsorisés souvent par la Commission européenne concentrent leur attention sur l’Union et l’influence qu’exercent ses institutions … Dans le même temps, ils ne prêtent pratiquement pas attention à la formation du sentiment de communauté « du bas en haut » et au-delà des institutions de l’UE où à côté d’elles… La crise financière et économique a mis à jour que les principes disciplinaires extérieures devancent et dans certains cas entrent en contradiction avec l’intégration intérieure tout comme avec sa diversité régionale ».  

L’Europe prend aujourd’hui conscience de la nécessité de conserver la compétitivité globale et de passer rapidement à une nouvelle révolution industrielle. Cependant, les pays est-européens n’ont pas suffisamment de ressources financières et économiques pour former leur propre industrie compétitive. 20% des dotations des fonds européens dans les budgets de ces pays ont aidé à niveler en quelque sorte le décalage dans le développement socio-économique entre la « vieille » et la « nouvelle » Europe.

Selon le directeur du Centre des problèmes de l’intégration européenne à Minsk Youri Viatcheslavovitch Chevtsov, « l’intégration européenne passe ouvertement aujourd’hui à un nouveau principe à l’égard des pays sous-développés. Il est impossible de rester au niveau des dotations dissimulées et ouvertes. Le plan Juncker de stimulation du secteur des hautes technologies de l’UE … a concerné essentiellement les pays de la « vieille » Europe qui y étaient plus prêts … La réduction inévitable des dotations aux Est-Européens crée pour eux une nouvelle réalité et ceci pour longtemps. Cette nouvelle réalité stimule les traits négatifs du développement de la région qui se sont ébauchés depuis longtemps. Qu’est-ce qui attend l’Europe de l’Est dans les 10-15 ans à  venir ? Comment seront les conséquences du passage de l’UE à un nouveau modèle de développement ? »

Une autre question très importante pour nous s’impose : la nouvelle réalité, rendra-t-elle possible un nouveau rapprochement historique entre la Russie et les pays de cette partie de l’Europe ? 

Certes, nous sommes préoccupés non seulement par les problèmes économiques et la stabilité du marché européen de consommation de nos ressources énergétiques. La thèse selon laquelle la Russie fait partie de l’Europe paraît incontestable. L’historien français de la culture Pierre Chaunu affirmait que seule la participation au dialogue intracivilisationnel pouvait servir de critère d’appartenance à la civilisation européenne. La Russie correspond sans doute entièrement à ce critère. Pourquoi alors ce sentiment de ligne de partage et de médiastin entre l’Europe et la Russie qu’ont éprouvé à l’époque tant les slavophiles que les occidentalistes ?

Nous nous heurtons ici à une sorte d’antinomie : la Russie fait partie de l’Europe dont elle n’a pas su devenir partie. La civilisation européenne, n’a-t-elle pas ressenti une puissante influence de la culture byzantine ? Ne s’est-elle pas dispersée dans les villes italiennes, allemandes et autres villes européennes ? Néanmoins, Byzance n’est pas devenue partie de l’Europe ayant beaucoup fait pour détruire la civilisation héritée par la Russie.  

Fait révélateur : les autorités des Pays-Bas ont  récemment porté la Russie sur la liste des « pays autour de l’Europe ». Ce statut est formulé dans la conception de politique culturelle du royaume pour 2017-2020. Or, nous savons que cette opinion des Pays-Bas est partagée. Fait paradoxal : la Hollande a été le partenaire principal de Pierre le Grand l’ayant inspiré à ouvrir « une fenêtre sur l’Europe ».   

« La Russie fait partie de l’Europe », on le prononce comme si l’on est sur la rive opposée. Pourquoi ? Il serait pour nous plus logique de dire : « L’Europe fait partie de la Russie », d’autant plus que la Russie n’est pas absorbée par l’Europe et sa grande partie appartient à l’Asie non seulement territorialement. Au début du 20e siècle un philosophe russe écrivait : « En observant la presse, l’état d’esprit dans la société, je constate avec regret : la pensée russe est coincée, les Russes pensent à la russe modestement comme s’ils s’en excusaient, si leurs pensées ne correspondent pas aux idées occidentales ».

L’Institut de l’Europe n’est pas seulement un Institut académique, c’est un centre de pensée russe sur l’Europe. Vous avez réussi à conserver dans vos activités une balance importante sous-estimée souvent, surtout par notre système d’enseignement lorsqu’on donne la priorité à une partie de l’Europe par rapport à l’autre. C’est notre « plaie » historique. Le philosophe que j’ai cité regrettait : « Nous savons quelque chose de l’histoire, de la littérature allemande, française ou anglaise, mais l’histoire et la littérature des Slaves sont terra incognita pour nous. Si les Russes devaient passer un examen d’histoire de la culture slave, les résultats auraient été, je pense, instructifs, à savoir : nous aurons eu honte de notre ignorance. Nous avons appris à l’école bien des choses sur Karl, Friedrich et Louis, et rien sur les Slaves ».  

Pour reprendre l’expression imagée du philosophe russe Vladimir Ern, l’Europe s’est transformée impétueusement à l’égard de la Russie « de Kant à Krupp ». Onnedevraitpasloublier.

Quelles tendances prendront le dessus en Europe ? Les tendances centripètes qui entraîneront l’approfondissement d’une nouvelle convergence intérieure ou bien centrifuges qui assureront le retour de l’Europe au conglomérat des Etats nationaux ? L’histoire ne se répète qu’en détails.  

A mon avis, il n’est pas nécessaire de devenir eurosceptique ou eurooptimiste bien que parfois je pense que les eurooptimistes sont dans notre communauté politologique (non pas scientifique) plus nombreux que dans n’importe quel autre pays européen. Il faut comprendre : comment l’évolution de l’Europe dans tous les aspects de sa vie politique, culturelle, économique se répercutera sur nous ? Que signifieront ces changements pour la Russie ? Aquoifaut-il êtreprê?

 

Les activités de votre Institut, de son collectif n’ayant pas son pareil acquièrent un rôle inappréciable dans la réalisation de ces tâches. Je voudrais vous souhaiter succès dans cette mission importante !  

 

Polémisant sur Twitter avec Alexeï Pouchkov, l’ambassadeur américain McFol affi rmait qu’ « il [le Président Obama] cherche à protéger le droit international interdisant l’usage des armes chimiques ». Cette assertion fait écho au récent discours du Secrétaire d’État John Kerry, lorsqu’il déclarait que ce genre de crimes contre l’humanité ne pouvaient rester impunis.

On pourrait diffi cilement affi rmer le contraire, d’ailleurs personne ne songe à le disputer. La question est ailleurs : comment, quand, et en se basant sur quels critères peut-on condamner un tel crime ? Il serait un peu simple de riposter à chacun de ces actes à coups de Tomahawks et d’avions sans pilotes. Si l’on a affaire à un crime contre l’humanité, c’est l’humanité qui doit être juge. Mais si quelqu’un, invoquant l’humanité, mène l’enquête, assume les vérifi cations et met à exécution le verdict qu’il aura lui-même prononcé, on tombe dans l’absurde juridique, et la philosophie même de cette démarche est grosse de danger. En présence d’une masse de protestations, d’objections justifi ées et résolues, y compris de la part des alliés, tout acte « messianique » aboutit à légitimer une inquisition personnelle ou collective, et certainement pas le droit international.

lundi, 23 décembre 2013 12:59

Les «Grands» en déficience

Written by

Le vrai signe de puissance n’est pas aujourd’hui la capacité de commencer les guerres mais de les éviter. C’est une voix du XXe siècle accablé de conflits et de guerres sanglants. Elle appartient à Anne O’Hare McCormik, journaliste américaine qui survécut à deux guerres mondiales et mourut en 1954.

mercredi, 03 juillet 2013 13:23

Qui «finlandise» qui?

Written by

L’avenir devient incertain pour nous tous si on se laisse tirer en arrière par le poids d’un passé réduit à l’état d’inconscient... La lecture de la presse étrangère qui parle de «finlandisation» par la Russie contemporaine de ses voisins prête tout simplement à sourire surtout en comparaison de la période de «finlandisation» poussée («canalisation» dans la version américaine) imposée à la Russie dans les années 1990. 

Beaucoup des générations des historiens questionneront:«Quand la guerre froide a-t-elle commencé?» Il est difficile de répondre parce que cette guerre commencait graduellement. Chaque des alliés a franchi le Rubicon à son heure. Le premier ministre britannique Churchill était le premier sans aucun doute.

Serguei Lavrov franchit en tant que ministre des affaires étrangères deux étapes dans l’évolution de la Russie et du monde: celle d’aisance relative et d’une crise financière et économique profonde qui n’est pas terminée bien que les experts ne révèlent pas de conditions objectives pour son approfondissement.