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ACTUALITÉS, FAITS, COMMENTAIRES

 

Valérie Bugault, experte en macro-économie et macro-politique, juriste, auteur de la rubrique francophone de la source américaine de presse libre Saker, vient de faire publier, ensemble avec Jean Rémy, son nouveau livre Du nouvel esprit des lois et de la monnaie (éd. SIGEST). Dans son ouvrage, elle démêle l'écheveau des problèmes du développement financier et de la gestion de la monnaie tiraillant maintenant l'Occident. Mme Bugault prouve, de façon bien argumentée, que le pouvoir supérieur n'est plus entre les mains des nations, mais que le facteur politique est accaparép à l'échelle internationale, par une Pieuvre anonyme qui, par exemple, vient de parachuter à la tête de la France un Emmanuel Macron.

A travers de longs siècles de l'Histoire de l'Occident, les banquiers ont appris à instrumentaliser l'économie, puis ont corrompu les politiciens pour, enfin, aboutir à la gestion du monopole de la violence - le pouvoir militaire. Les médias se font chantre de ce Nouvel Ordre qui n'a aucun contrepoids dans notre société. L'objectif des dirigeants anonymes n'est point l'organisation de la vie communautaire, mais le gain pur et simple. Tous les autres aspects de la vie sociétale et des instituts démocratiques qui entravent l'atteinte de ce but pré-fixé sont froidement éliminés.

Personne n'est à l'abri de la Pieuvre qui a déjà pénétré de ses tentacules tous les Etats pas encore complètement assujettis par l'Occident. Les traditionnels partis politiques sont inexistants - vendus ou obsolètes. Surgissent ça et là quelques mouvements de renouveau, tel le Civitas ou autres, mais ils sont encore à un stade, de loin, immature et n'ont pas pleine conscience de l'ascendant qu'ils pourraient exercer sur la société.

 

L'ouvrage de Valérie Bugault et de Jean Rémy donne le mode d'emploi à tout gouvernement, toute nation, désireuse de s'affranchir de l'influence malsaine de la Pieuvre bancaire internationale, incarnée, en particulier, par le Club Bilderberg.

 

 

Homme politique, archéologue, ancien militaire et fou amoureux de l'aventure, Pierre Malinowski vivant à 200 à l'heure, a fait un rêve: il voulait rencontrer Vladimir Poutine et lui causer tranquillement entre quat'z'yeux sur la France, la Russie... et le monde. En 2013, il commence les fouilles dans le petit village où il habite. Aidé par Marion Maréchal-Le Pen et quelques fidèles, il finit par mettre à jour les restes d'un soldat russe dans une tranchée de la Grande Guerre. Il y a tout juste 100 ans, un détachement du Corps Expéditionnaire russe y trouva la mort lors de l'offensive. Approuvées par la Gendarmerie et les services concernés, les fouilles ont permis de déterrer quelques objets personnels des soldats de l'époque dont une tasse portant une inscription en cyrillique et d'autres impidementa de ceux qui donnèrent leur vie pour la France sans être des Français pour autant.

Lors de sa récente visite à Paris, tout juste après Versailles et la rencontre avec Emmanuel Macron, Vladimir Poutine s'est rendu au centre culturel russe où - et le chef de l'Etat russe le savait déjà - Pierre l'attendait patiemment pour lui narrer son aventure archéologique dont le goût lui est venu de son père, historien de la Première Guerre Mondiale.

Au fait, Malinowski connaissait déjà le Président de Russie qui l'avait même convié à un défilé militaire à l'occasion de la fête de la Victoire célébrée à Moscou le 9 mai. Poutine l'avait mis ensuite à une table adjacente à la sienne et lui a serré la main au passage. Mais cette fois-ci, il y a moins d'un mois, l'émotion a été autrement plus forte. Les deux hommes se sont parlé 11 longues minutes en tête-à-tête (sauf un interprète affidé, bien sûr).

Ils se sont quittés après pour se donner un nouveau rendez-vous... Quand? Le jeune Français ne vend pas la mèche: en bon militaire, Pierre sait obéir à la consigne et garder le secret professionnel.

Depuis, Malinowski a pas mal cavalé à travers la Russie et ses marches: un passage dans le Donbass où on l'a accueilli à bras ouverts; une visite en Crimée où presque tout le gouvernement russe et les sénateurs au grand complet l'ont pris en amitié y compris la redoutable Maria Zakharova, porte-parole de Sergheï Lavrov, ministre des Affaires Etrangères de Russie.

Pierre a l'étoffe d'un gaullien: il considère la Russie comme une terre européenne, par excellence, s'étalant tout le long de l'hémisphère Nord, à partir de Kaliningrad,chef-lieu de l'ancienne Prusse Orientale jusqu'à Vladivostok, dans l'Extrême-Orient, aux confins de la Chine et du Japon. Pour M.Malinowski, les deux grands Etats-membres du Conseil de Sécurité de l'ONU sont appelés à coopérer et à coexister au sein du même espace continental dont ils forgèrent ensemble l'histoire à travers une multitude de siècles.

 

Les plans du jeune politique français? "Attendez un peu et vous allez voir!" Pierre a le sourire d'un homme avisé qui a déjà fait ses premières armes. Il nous a donné un nouveau rendez-vous, en mars 2018 où il promet de faire de nouveau la une de l'affiche franco-russe. 

 

En cartésien, Pierre Malinowski, historien, ancien militaire qui a travaillé à Bruxelles dans l'équipe du FN, est allé rencontrer Vladimir Poutine pour se forger sa propre opinion sur cette personnalité et le pays qu'il dirige. Ses impressions coulent de source. Il a parlé à Interaffairs.ru en personne désabusée, à bâtons rompus aussi, pour exposer son optique de la Russie et de son chef de l'Etat.

- Vous avez pu rencontrer Poutine. c'était votre premier rendez-vous avec lui?

Pierre Malinowski. C'est la deuxième fois que je le vois puisque je l'avais déjà vu en 2015, à l'occasion de la fête de la Victoire lorsque tous les chefs européens ont boudé les 70 ans de la Victoire ce qui a été une honte. J'y étais avec toute une délégation des vétérans français pour assister à la parade. On avait nos places dans la tribune officielle, avec tous les présidents du monde ce qui a été un très grand honneur. Et ensuite nous avions déjeuné au Kremin où j'occupais la table d'à côté. Et à la fin du déjeuner, j'ai été le saluer et échanger 2 ou 3 mots, mais ça n'a pas été très loin...

- Mais aviez donc tout de même déjà été l'invité de Poutine, alors?

P.M. En tout cas, l'invité du Kremlin. Je ne sais pas si c'est lui qui fait les invitations lui-même, mais je pense qu'ils les valide pour éviter que n'importe qui se présente à sa porte. Et pour la tribune - encore plus puisqu'il y a très peu de places... Mais pour cette année-là, j'ai été dans l'organigramme de sa visite à Paris. La rencontre a été facilitée énormément par M.Peskov que j'avais rencontré une semaine avant et qui a apprécié beaucoup mon travail. Ca m'a vraiment aidé. J'avais appris seulement 4 jours à l'avance que j'allais rencontrer Poutine. C'est l'ambassadeur Orlov qui m'a envoyé un SMS en m'écrivant: "Pierre, tu vas réaliser ton rêve en quelque sorte et rencontrer le président Poutine pour pouvoir lui exposer ton travail. Il fallait s'y préparer psychologiquement déjà parce que vous avez là affaire au plus grand président du XXIième siècle qui va vous accorder quelques minutes...

Le Président Poutine a eu d'abord sa rencontre avec Emmanuel Macron, à Versailles. Et c'était le but officiel du voyage.

- Vous avez été de la fête?

P.M. Non! J'étais déjà sur place au Centre Spirituel russe parce que j'ai attendu 5 heures: c'est tellement cadenassé et c'est un tel niveau d'organisation qu'il faut vraiment arriver 5 heures à l'avant! Sinon vous ne rentrez plus! Une fois sur place, j'ai mis beaucoup de temps pour me préparer. En plus Vladimir Poutine a accusé 2 heures et demi de retard..

- C'est normal! Comme tout le monde le retient, le président russe se met toujours en retard...

P.M. Ce n'était pas grave. Pour Poutine,  j'aurais pu attendre 72 heures, moi! Une fois qu'il était arrivé, en compagnie de la maire de Paris, Mme Idalgo, et Rachida Dati qui est la maire de l'arrondissement où se trouve le Centre Spirituel, ils sont allés visiter la cathédrale orthodoxe, quai de Branly. Et ensuite ils sont arrivés dans la salle principale où j'avais mes vitrines qui étaient exposées avec tous les objets archéologiques que j'avais trouvés avec les restes du soldat russe, au mois de décembre dernier. On l'a sorti en janvier, mais je l'avais trouvé le 24 décembre. Et c'est le ministre de la Culture de Russie, M. Médinski, qui a fait la présentation. Je le connaissais déjà puisqu'il était passé dans mon village, il y a deux ans pour inaugurer un monument...

- Et vous voir à l'occasion...

PM. Oui, il a visité mon exposition. Il me connaît très bien d'ailleurs. Déjà, lors de ma visite actuelle à Moscou, M.Médinski m'a invité à visiter le musée historique militaire russe. Il en est le président. Et cet été on va encore travailler ensemble sur un projet dans le cadre duquel je vais accueillir 10 archéologues russes chez moi pour creuser et trouver d'autres soldats.

- Et M.Médinski va prendre part à ces fouilles?

PM. Je ne sais s'il sera présent, mais le directeur du musée militaire m'attend pour m'organiser une visite privée officielle, alors...

- D'où je déduis que vous êtes très bien reçu à Moscou...

PM. A chaque fois! Et il y a toujours des choses très intéressantes au programme. Mais c'est un travail que je fais aussi pour la Russie. Pour terminer ma narration de la rencontre avec le président Poutine, il était arrivé à la tête de sa délégation. Il y avait Messieurs Ouchakov et Peskov et d'autres personnalités, et il m'a salué très aimablement, avec un grand sourire. Et il a écouté attentivement mon récit sur tous les objets exposés. Je lui ai même dressé un plan de l'attaque des Russes. Ca a semblé vraiment le passionner. Je lui ai montré l'endroit exact sur mon schéma où j'avais trouvé le soldat. Et M. Médinski a exposé tout ce que j'avais fait depuis des années pour la Russie. Ca a duré une dizaine de minutes, mais c'est très long quand vous rencontrez un président! Et il a même terminé par un "Merci beaucoup!' en français! Je pense qu'il a été très content! Les photos sont disponibles sur la Toile. On peut y voir Poutine arborer un grand sourire. Je pense qu'il a apprécié ce que je fais pour la Russie. Parce qu'en dehors de la politique, c'est un projet historique et culturel. Je pense que c'est bien ce genre de choses qui font rapprocher nos deux pays - l'histoire en commun, etc. Je pense que ça le change aussi de sa routine habituelle - la politique et tout ça! Il voit qu'il y a des jeunes Français qui admirent la Russie et qui font des choses pour la Russie et pour l'amitié! Ca a été un grand moment pour moi. Je n'oublierai jamais cette rencontre!

- Je crois que c'est un sujet porteur et ce que vous avez fait, cadre parfaitement avec la ligne de mire de Poutine qui ne gère pas la politique au jour-le-jour, mais possède une vision stratégique. Pour ce qui est de vos recherches, vous avez réussi à mettre en valeur, à mon sens, un moment fort dans l'histoire des deux pays: la Grande Guerre. Le soldat russe est bien mort pour la France, lui... Est-ce que vous pourriez nous narrer cette histoire un peu plus en détails?

P.M. Bien sûr. J'ai été militaire pendant 8 ans en France et mon père est historien sur la Première Guerre Mondiale. Il a écrit plusieurs ouvrages sur la région du Chemin-des-Dames. Et un jour, il me dit, lorsque j'étais encore militaire: "Tu sais, Pierre, il y a des soldats russes qui sont venus ici et qui ont combattu dans notre région". Mais à l'époque, personne ne connaissait cette histoire: je savais, entre autres, qu'il y avait des Allemands, des Français, des Américains, mais d'habitude on ne parlait jamais des Russes! Donc je me suis posé la question pourquoi je ne connaissais rien sur la Russie, et je me suis dit: il faut que je trouve un soldat russe! Pourquoi faire? Mais tout juste pour prouver à la France qu'il y en avait ici! Ensuite mon père m'a donné des plans, des archives et je me suis mis à les étudier mais vraiment tous les jours. Quand je partais même pour mes missions militaires, je m'arrangeais toujours pour avoir mes archives avec moi. Ce que je voulais savoir, c'est où est-ce qu'on pouvait vraiment trouver ces disparus? Parce que je savais que rien que sur les cent hectares où j'habite, il y avait quelques 700 soldats russes qui périrent pendant la bataille. J'avais commencé à creuser en septembre 2013, avec ma pelle en faisant des trous comme ça - à droite-à gauche...

- Ca date donc...

P.M. Eh oui! Au bout d'un an et demi, j'avais commencé à me rapprocher du site. J'avais loué une grue, avec mes propres économies, bien sûr.

- Je me demande comment aviez-vous réussi. Les champs sont la propriété privée. Comment aviez-vous fait pour obtenir l'autorisation?

P.M. Tout à fait. J'ai obtenu l'autorisation des propriétaires. C'est énormément d'organisation! Et l'été 2015, j'avais commencé à me rapprocher de la zone parce que c'est à ce moment-là que mes fouilles ont mis à jour des objets de fabrication russe. En 2016, ça a continué crescendo, mais toujours pas de soldats! Tout le monde me disait: "Tu ne trouveras jamais! C'est comme trouver une aiguille dans une botte de foin!" Jusqu'au 24 décembre. En fait, je devais me faire opérer le genou le 26 décembre: à force de creuser, j'ai fini par avoir un traumatisme. Alors c'était ma dernière journée des fouilles - le 24 décembre et le jour de Noël quand même! On creuse à un mètre 70 de profondeur à peu près et là je vois une colonne vértébrale apparaître. Je me suis dit: c'est un soldat allemand! Je ne m'attendais pas à avoir le résultat de mes recherches le jour même de Noël, et là la colonne vértébrale a été dégagée de la terre et j'ai vu tout de suite la croix orthodoxe! Et vous vous imaginez? La première chose que je trouve est une croix!

- Comment aviez-vous su tout de suite qu'elle était orthodoxe, la croix?

P.M. C'est qu'elle est beaucoup plus grosse et puis géométriquement parlant octogonale, à trois branches... Mon père m'assistait dans mes recherches archéologiques et c'est lui qui a déclaré immédiatement qu'il s'agissait d'un Russe. Et puis les boutons sont sortis - tous frappés à l'aigle bicéphale. Mais on n'a pas touché au soldat: on l'a laissé momentanément reposer sur place et appelé la Gendarmerie, les archéologues et le Ministère de la Culture. On nous a répondu qu'il faudrait attendre quelques jours à cause de la période des fêtes de Noël. Mais le 7 janvier, on l'a déterré officiellement et il est devenu définitivement clair que c'était bien un soldat russe. On a trouvé beaucoup d'objets matériels sur lui, mais, bien malheureusement, il n'avait pas sa plaque d'identité. On l'a inhumé dans un cimetière français le 22 mars 2017, en présence du Secrétaire d'Etat aux anciens combattants. Il est vraiment très rare qu'un ministre français se déplace pour l'enterrement d'un soldat de la Première Guerre Mondiale. Mais une fois n'est pas coutume parce que c'était d'une importance vitale! C'est que je l'ai trouvé trois mois avant le centenaire de cette offensive fatale où il trouva sa mort! Tout coordonne!

Pour revenir à Poutine, son grand-père fit la Première Guerre Mondiale. Ca aide aussi la Russie à recoller son histoire : il y a eu la période soviétique d'accord, mais aussi l'époque tsariste! Pour ce qui est des Français, le fruit de mes recherches doit leur prouver qu'il y a eu du sang russe qui a coulé dans notre terre. Ce qui, réflexion faite, est très important pour le Centenaire. Ainsi donc, il n'y avait pas que des Français, Anglais et Américains, mais également des Russes qui ont combattu! On m'a appelé de toute la France pour m'encourager. Grâce à ces efforts on rend hommage à ces 6 mille Russes morts en France pour notre pays. Mais figurez-vous que 5.000 sont tombés en 3 jours, lors de l'attaque du 5-9 avril 1917! Là où j'habite ils furent 699 à tomber! J'avais même trouver qu'il s'agissait des Sibériens, de la région d'Ekaterinbourg, de la Troisième Brigade. Imaginez un peu le trajet qu'ils firent de là où ils habitaient jusqu'au lieu où ils périrent! Et puis il faut bien dire qu'il s'agit cette fois-ci des preuves tangibles et bien physiques: un corps, des objets de l'époque - un casque russe et même une tasse émaillée. On voit même toujours de l'écriture cyrillique dessus, avec un aigle bicéphale sur la porcelaine... C'est ce que j'avais trouvé dans la tranchée, à côté de ce soldat. Il a dû prendre ces effets de sa maison; elles auraient dû revêtir une valeur émotionnelle pour lui. Remarquez qu'il ne s'agit pas de matériel réglementaire.

- A travers vos fouilles, vous avez rendu à tous les vétérans qui échouèrent en France, après la Révolution de 1917, et qui combattirent pour la France lors de la Guerre de 14-18. De là où ils sont maintenant, ils ont dû apprécier le geste. Pour revenir à des choses un peu plus terrestres, vous, ancien militaire français, pourquoi vous êtes-vous mis à vous intéresser à la Russie?

P.M. Lorsque j'étais militaire, je ne me suis jamais rendu en Russie. Lorsque l'on est militaire, on doit avoir une autorisation spéciale pour aller en dehors de l'Europe. Mais pour ce qui est de moi, j'ai toujours apprécié le président Poutine depuis qu'il est au pouvoir c'est-à-dire plus de 15 ans maintenant. Lorsque j'avais vu ce qu'il faisait, je me suis dit: ça, c'est un vrai mec! Et puis ce qu'il fait pour la politique internationale est assez exceptionnel tout de même... Mais je n'en connaissais pas plus que ça. J'avais commencé à m'intéresser vraiment à la Russie lorsque j'étais rentré au Parlement. J'ai étudié l'histoire russe tout seul, mais je dois rendre hommage à Jean-Marie Le Pen qui m'a fait découvrir la vraie portée de la politique russe à travers le monde. C'est bien lui qui m'a embauché au Parlement et j'étais chargé des affaires russes. Ils m'ont envoyé en Russie en mission sans que je connaisse grand'chose du pays. Pour la première fois, j'avais foulé le sol russe en septembre 2014. Au bout de 6 mois, j'avais commencé à apprécier la Russie. J'avais accompagné Gérard Depardieu, par exemple. Il était déjà citoyen russe, mais j'ai eu l'honneur de lui présenter le peintre Glazounov. Mais au bout de plusieurs mois de travail, je me suis dit: il faut que je rencontre le président Poutine. Quelques connaissances m'ont vite fait d'expliquer que ça faisait 10 ans qu'ils étaient sur le terrain sans pouvoir l'approcher. Moi, il m'a fallu 7 mois! Parce qu'en mai 2015, j'avais déjà rencontré le Président. Quand on veut on peut! Il suffit de faire des choses bien pour le pays. Très souvent la politique n'est composée que du vent, des propos en l'air. Alors qu'il faut faire des vrais projets en vous investissant à 100%. Il faut aussi montrer que vois aimez le pays. Je pense que c'est la priorité - faire des choses pour le pays sans rien demander en retour. Tandis que la vision normale d'un politique moderne se réduit à décrocher le mandat, venir et discuter. Sans mandat, vous n'existez plus! Quant à mon projet, il dépasse les bornes d'un geste politique. Je me suis vu d'ailleurs octroyer la plus haute distinction russe pour étrangers - la médaille de l'Amitié! Il y a 48 heures, j'ai officiellement informé que l'Ambassadeur de Russie en France s'apprêtait à me la remettre dans le futur immédiat. A mon sens, c'est une vraie reconnaissance de mon mérite dans le relationnel franco-russe. Mais je vous assure que ce n'est pas fini! Je nourris encore beaucoup de projets.

- On vient aussi d'apprendre que lorsque vous étiez en Crimée, vous aviez été aperçu en compagnie de la très sulfureuse - en tout cas, pour les Américains - Maria Zakharova, porte-parole de Sergheï Lavrov. Pourriez-vous développer un peu le sujet?

P.M. Je suis allé en Crimée deux fois 3 jours en une semaine, mais jamais avant.

- Vous avez pu au moins profiter du soleil?

P.M. Ah non! Pas du tout! Je n'ai pas eu le temps de mettre les pieds dans l'eau. Je m'y suis rendu d'abord la semaine dernière en visite de 3 jours en me faisant inviter pour un Forum avec Mme Matviïenko, la présidente du Sénat de Russie, et M.Axionov. L'événement était consacré à la langue russe. On a pu discuter après le dîner. Elle m'a dit: "Je vous connais!" Elle était au courant de mon projet. Je trouve que c'est une très grande dame et très intelligente aussi. J'avais rencontré aussi M.Mouradov. Une fois en avion, en partance pour la France, je me suis fait inviter pour un autre Forum organisé par M.Alexandre Lébédev, milliardaire, qui, en fait, a monté justement le premier Forum sur les investissements en Russie. Il y avait M.Axionov et Mme Zakharova. J'avais bien accepté de m'y rendre, mais j'avais voulu tout d'abord organiser une petite rencontre avec Mme Zakharova. Et les organisateurs me l'ont promis et tenu fidèlement leur parole. J'y suis allé avec mon amie. Tout de suite après le Forum, je suis monté en voiture avec Mme Zakharova et on a discuté pendant 10 minutes sur plusieurs sujets. Je ne veux pas les évoquer, mais je vous assure qu'elle a approuvé mes initiatives. Je pense qu'elle sait aussi ce que je fais pour la Russie.

- Que pensez-vous d'elle en tant que personne?

P.M. Vous savez, c'est très difficile de juger en 10 minutes! Mais je pense qu'avec tout le poids qui pèse sur elle qui fait partie de l'entourage immédiat de M.Lavrov et exposée aux critiques du monde entier, sans poigne elle ne s'en sortirait pas... Je pense que c'est quelqu'un qui a un caractère très fort, très dur. Mais c'est tout à fait normal pour ce type de poste.

- Vous vous êtes mis donc sur la même fréquence avec elle parce que vous aussi, vous semblez être un dur-à-cuire...

P.M. Tout s'est bien passé. J'ai son portable et on s'envoie des textos. Elle m'a même confirmé un rendez-vous après le Forum.

- Que pensez-vous de la Crimée, à titre subjectif? 

P.M. Je ne m'attendais pas du tout à ça - qu'il y a autant de sanctions! Je suis allé à plusieurs reprises à Donetsk, mais j'ai l'impression que c'est moins dur là-bas. C'est peut-être de petits détails, mais, à titre d'exemple, il n'y a pas de réseau en Crimée! J'étais arrivé à l'aéroport et mon portable était mort! Et il y a zéro opérateur! Ma carte bleue a été, elle aussi, hors de service. Impossible de retirer la moindre somme! Là on arrive vraiment à une dictature en puissance, j'entends, la dictature européenne. Et qui plus est, les habitants locaux n'ont rien demandé à personne! J'ai parlé à deux ou trois habitants locaux. Je leur ai posé la question: "Qu'est-ce que vous pensez du référendum de 2014?" Et ils étaient carrément pour les Russes!

- Ils parlaient russe ou ukrainien?

P.M. On a parlé en anglais avec ces personnes. Mais ils parlent tous russe! Et quand je leur ai demandé s'ils parlaient ou entendaient l'ukrainien, ils m'ont juste dit: "Bah non! On comprend un peu, pas plus!" Ils ne comprennent même pas à fond l'ukrainien, vous voyez? Mais c'est des Russes! Ainsi vous avez la preuve physique avec ces personnes qui se disent Russes! Et là-bas c'est à la fois magnifique et historique: vous aviez eu des Byzantins, des Romains. C'est aussi un peu la Côte d'Azur avec des paysages paradisiaques. Il y a également beaucoup de travail à abattre et énormément d'investissements à faire! Alors je me demande pourquoi on bloque la Russie avec des sanctions. Un référendum est un exercice démocratique, par excellence! Imaginons: nous, on monte un référendum en France et la Russie va s'amuser à nous balancer des sanctions et ne pas le reconnaître! Il faut arrêter ces bêtises du cru européen! Et après, lorsque j'avais vu comment ça se passait là-bas, je me suis procuré tout le Décret européen sur les sanctions. J'avais appris que si vous faites des investissements en Crimée, vous courez le risque de vous faire pénaliser et vous vous exposez à de vraies menaces!!! Et même si vous organisez quelque chose dans le domaine touristique, vous encourez des problèmes judiciaires. On dirait que les Européens aient affaire à la Corée du Nord! En revanche, je n'ai senti aucun danger. Juste deux attentats ukrainiens déjoués à la frontière! Les touristes occidentaux son absents parce que les gens ont peur. Pas moi!

J'avais aussi visité le pont de Kertch en chantier, en compagnie de son architecte M.Novikov qui a construit aussi le pont à haubans, à Vladivostok que j'avais visité aussi d'ailleurs. J'avais été impressionné par le rythme de travail: ils bossent jour et nuit pour ouvrir le pont fin 2019. Je pense qu'ils vont le tenir haut-la-main, le délai! C'est aussi très intéressant de voir le savoir-faire russe. Je ne suis pas ferrailleur, bien sûr, mais mon père m'avait appris à souder et travailler de mes mains. Et j'ai bien constaté que le chantier a tout le matériel requis! Et puis j'avais vu la qualité du pont! Impressionnant! Les Russes m'ont posé une question: "Est-ce que vous allez utiliser notre pont quand il sera terminé? " Et je les ai assuré que j'allais l'utiliser en faisant des allers et retours.

Côté sanctions, je ne reçois d'ordres de personne! Je suis un homme libre et agis en tant que tel! Ce n'est pas parce que l'UE va dire qu'il y a des sanctions que je ne vais pas y aller! Bruxelles est une dictature en puissance et ils n'ont pas d'ordres à donner à la Russie. Je suis désolé, mais les Etats-Unis sont de l'autre côté de l'Atlantique tandis que la Russie c'est chez nous, en Europe! C'est un pays ami et on a une histoire commune. Donc si on veut se mettre contre la Russie, de toute façon, on a tout à perdre. Parlons, à titre d'exemple, des sanctions. Qui c'est qui a maintenant des problèmes? C'est les Français! Je vous assure que j'ai des amis agriculteurs qui n'attendent qu'une chose: que les sanctions sautent pour qu'ils puissent faire démarrer leur business avec la Russie. Et je leur ai dit: Mais levez-vous donc contre ces deux ou trois alcoolos à Bruxelles qui dirigent tout! Je n'ai aucun respect pour ces gens-là qui se la coulent douce dans le luxe tandis que nos agriculteurs gagnent trois fois rien par mois: 200 euros quand on déduit les taxes! Quand vous regardez le salaire des parlementaires européens à Bruxelles et même celui de leurs assistants que ce soit les partis de la droite, de la gauche et même du FN, je suis désolé - c'est du pareil au même! Ils touchent tous des sommes pharaoniques pour faire du bavardage! Il n'y a pas d'action; ils ne vont pas sur le terrain; ils ne font rien! Ils ont même peur de se rendre en Crimée parce que c'est trop sulfureux! Il est sûr que si l'on marche comme ça, le résultat sera nul. C'est pour ça d'ailleurs que je respecte le président Poutine qui prend des positions qui sont bonnes contre le monde entier. Sur la guerre en Syrie, par exemple! Parce que si Poutine n'était pas là, on aurait tué tout le monde comme d'habitude! Bachar el-Assad est loin d'être démocrate, mais s'il tombe demain, ce serait un feu d'artifice monstrueux!

- La Troisième Guerre Mondiale!

P.M. C'est ça! Et puis Poutine ne combat pas là-bas pour ses intérêts! Il fait ça pour l'humanité! Je suis désolé, mais il faut appeler un chat un chat. Je supporte ses décisions internationales que je trouve parfaites. Appelez-moi le fils de Poutine si vous voulez, je m'en fiche, ce sera même un plaisir, mais je vais continuer à le supporter!

- Au moins vous avez un facteur dénominateur en commun avec le président russe parce que vous aussi, vous vous pensez en gaullien. A mon sens, Poutine aurait une vision gaullienne de l'Europe: il la conçoit comme un ensemble allant de la France - et point à partir de l'Angleterre - jusqu'à l'Oural. C'est un peu les limites géographiques du continent à cette latitude.

P.M. Mais c'est bien Jean-Marie Le Pen qui a dit: "L'Europe, ça va de Brest en France à Vladivostok!" Et je suis allé d'une ville à l'autre. Et j'ai vu ce que c'était que l'Europe. Et puis le président Poutine a un énorme respect pour la France. Pour lui, la France est un pays ami. Je vous assure qu'eux là-bas, en Russie, ils aiment la France! Quand vous dites que vous êtes Français, vous le sentez immédiatement. Il y a toute une culture française gastronomique, il y a l'histoire, l'architecture, la musique, la littérature - tout! Alors que vous pouvez venir d'Angleterre ou d'un autre pays du G7 sans sentir le même intérêt de la population locale pour votre pays d'origine. Alors que la France est considérée comme un pays-ami! Je ne vois pas pourquoi on ne renouerait pas nos contacts... On l'a eu pendant la Première Guerre Mondiale. Même Napoléon est respecté ici parce que l'on sait très bien que c'était une guerre chevaleresque. Il occupa Moscou, mais on ne lui en veut pas parce qu'il se brouilla avec le Tsar. Il y a donc toute une couche d'histoire commune. Alors pourquoi depuis 20 ans, depuis l'arrivée du président Poutine et surtout l'Union Européenne, pourquoi donc est-on en train de tout détruire? J'espère que les Français et les Russes me comprendront: ce n'est pas 5 ou 6 dirigeants dans leurs fauteuils moëlleux qui vont diriger l'opinion des gens. Je suis assez serein et je pense que l'on va dans le bon sens tout en espérant que ça va continuer.

- Voulez-vous recontrer Vladimir Poutine de nouveau?

P.M. On ne s'est pas encore donné rendez-vous, mais je ferai de mon mieux pour pouvoir le rencontrer un peu plus longuement. Pour ce faire, il faut que je travaille sur d'autres projets et justement j'en ai un derrière la tête dont la réalisation est prévue pour mars 2018. Mais chut! Je pense qu'il y a un moyen de pouvoir le rencontrer parce que ça promet d'être un très gros projet! Mais je n'en parle pas davantage.

 

Interview réalisée et propos recueillis par Alexandre Artamonov, Interaffairs.ru

    

Ronald Zonca est un vrai diplomate, un bâtisseur des ponts reliant les notions culturelles et cultuelles. Cet ancien militaire de carrière, devenu journaliste chrétien, a pris racine en Crimée et s'est marié avec une Russe. L'union mixte a donné naissance à un bébé franco-russe qui marque, pour son père, un tournant décisif dans sa vie. Désormais il réfléchit beaucoup à la Patrie de son fils devenue une terre d'accueil pour lui-même. Et, pour rendre hommage à la Russie qu'il aime tant, il décide de se lancer dans un grand projet de création du Chemin des Pèlerins, à l'instar de celui du fameux Saint-Jacques de Compostelle. Pour Zonca, la Russie a réussi le pari de l'alliance du monde nouveau et de la pratique chrétienne orthodoxe qu'il croit être la plus proche de l'Eglise primitive des temps de l'Apôtre Saint-Paul.

Alors, son chemin des Pèlerins doit s'étaler sur toute la côte méridionale de la Péninsule allant du pont de Kertch (en chantier) jusqu'à Sébastopol où Saint-Vladimir, ce Clovis russe, se fit baptiser la veille de l'an mille. Le chemin permettrait à tous les assoiffés de l'histoire, religion et culture russes de connaître mieux la Crimée, climatiquement très proche  de la Provence, et apprendre un pays restant toujours inconnu et mystérieux pour la plupart de Français.

Le voyage pédestre ne saurait dépasser une vingtaine de jours et ne coûterait que quelques 20.00 roubles (à peu près 300 euros). Un smartphone serait remis à chaque pélerin. Doté d'une balise GPS, il permettrait de localiser le voyageur pour le secourir en cas de besoin. Un programme spécial tout en images et avec une bande d'enregistrement audio permettra de suivre le tracé et découvrir l'historique des lieux visités. Le projet est déjà en phase de sa réalisation, mais Ronald entend réveiller aussi l'intérêt des investisseurs privés tout en tablant sur le soutien au niveau fédéral et régional russe. l'Eglise Orthodoxe et le Vatican pourraient également le rejoindre pour montrer le chemin à leurs ouailles. 

 

    

Ces dernières années, de plus en plus, il a commencé à sonder l'opinion sur la nécessité de regagner le terrain perdu à Moscou sur le continent africain. La Russie et l'Afrique, en dépit de la distance géographique, est associée décennie de liens politiques, économiques et culturels forts. En outre, en Afrique de développer activement des projets d'intégration qui aident à augmenter le poids du continent dans le monde et les rendre plus attrayants pour la Russie. République centrafricaine (RCA) en 2012, en situation de conflit interne pour des motifs religieux, qui est accompagné par des victimes civiles, et qui a également provoqué l'apparition d'un grand nombre de réfugiés. Néanmoins, un certain nombre de mesures prises par les nationaux et internationaux, permettra au pays d'atteindre une stabilisation substantielle de la situation. Nous avons demandé à l'Ambassadeur de la République centrafricaine à Moscou, M. Claude Bezo parler de la situation actuelle en République, ainsi que les relations bilatérales avec la Russie.

«La Vie internationale»: Monsieur l'Ambassadeur, en Mars 2016, le nouveau président de la République Centrafricaine Faustin-Archange Touadéra a pris ses fonctions. Cet événement a marqué la fin de la période dite de transition en RCA. Cependant, à la fin l'année des affrontements  entre les factions en guerre a repris. Dans les medias, les informations fréquentes attestent que les communautés musulmanes et chrétiennes du pays participent à ce conflit. Quelles sont, à votre avis, les raisons du conflit qui a surgi de nouveau en 2013?

Claude Bezo: Les raisons qui ont provoqué le conflit sont, par exemple, la mauvaise répartition des ressources du pays, la gestion clanique du pouvoir ensuite il n'y a aucun plan de développement de la région nord-est de notre pays où la population est en majorité musulmane et, les chrétiens sont au pouvoir depuis l'indépendance de notre pays jusqu'en 2013. Tout cela a provoqué le mécontentement de la population et créé les circonstances qui ont amené cette situation.

«La Vie internationale»: Le Président F.A. Touadéra a fixé un objectif - d'arrêter l'effusion de sang entre musulmans et chrétiens. Quelles sont les mesures concrètes prises par le gouvernement pour améliorer la situation? Pouvez-vous parler des progrès en ce moment?

Claude Bezo: On peut parler de progrès, parce que le gouvernement a mis en place un plan de travail: préparer les cadres des Forces Armées pour une Armée future républicaine et pluriethnique qui peut défendre tous les citoyens. Ensuite il y a le problème que les musulmans ont toujours posé : la légalisation de leurs fêtes religieuses, cela été fait. Il y a également le problème de la poursuite des auteurs de la rébellion. Une solution a été trouvée – on a mis en place le tribunal pénal spécial pour la RCA. Ceci pour lutter contre les assaillants, les rebelles qui ont fait beaucoup des victimes dans notre pays. Il y a un programme qui a été repris : le "DDRR" - démobilisation, désarmement, réadaptation sociale et rapatriement. Toutes ces mesures font que petit à petit la situation se normalise.

«La Vie internationale»: Comment pensez-vous, peut-on maintenir un équilibre entre les intérêts des chrétiens et des musulmans?

Claude Bezo: Pour maintenir la balance il faut respecter le droit des minorités nationales, par exemple les droits des musulmans à leur fêtes religieuses et ensuite il faudra que le gouvernement mène une politique de juste répartition des postes politiques et je pense que cela peut aboutir à rétablir l'équilibre.

«La Vie internationale»: Comme vous le savez, le Conseil de sécurité de l'ONU et l'Union Africaine ont aidé votre pays à surmonter la crise. Quelles sont les mesures prises à cette fin?

Claude Bezo: Ces organisations internationales ont pris des mesures dans les domaines juridiques, militaires et financiers. Dans le domaine juridique, le Conseil de sécurité pris la résolution 2127 concernant l’embargo ou l’interdiction d'entrée des armes sur le territoire centrafricain et en même temps des mesures de poursuite à l’encontre de ceux qui soutiennent les groupes rebelles. Le Conseil a adopté la résolution 2149 pour la création du tribunal pénal spécial. Dans le domaine militaire le Conseil a décidé de l’envoi en Centrafrique des troupes françaises, des troupes des Nations unies, des troupes de l'Union Européenne et des troupes de l'Union africaine pour mettre fin à ce conflit.

«La Vie internationale»: Comment la population de la République a-t-elle accueilli la mission de maintien de la paix des Nations Unies?

Claude Bezo: La population a bien accueilli la mission, parce qu’elle est venue la protéger contre les agresseurs.

«La Vie internationale»: Monsieur l'Ambassadeur, en Octobre l'année dernière, le ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian a déclaré la fin de l'opération militaire "Sangaris", qui a duré deux ans et demi. Comment évaluez-vous les résultats? Quels sont les risques après le retrait de la mission française de maintien de la paix?

Claude Bezo: On apprécie la juste valeur de la mission, parce que L'opération Sangaris a préparé le terrain pour la descente des autres forces internationales. Alors, ils ont travaillé ensemble pendant deux ans et demi, je crois que le retrait de la force Sangaris ne va pas beaucoup influencer parce que les autres forces connaissent le terrain et continuer à travailler jusqu'au rétablissement de la nouvelle Armée Centrafricaine.

«La Vie internationale»: En ce qui concerne nos relations bilatérales, selon de votre point de vue, leur activation est-elle possible entre la République centrafricaine et la Fédération de Russie - à la fois dans les sphères économiques et politiques? Quelles sont les mesures qui pourraient être prises à cette fin?

Claude Bezo: Il est nécessaire et urgent d'intensifier les relations entre la République Centrafricaine et la Fédération de Russie dans les domaines économique, politique, culturel et autres. Dans ce but, on doit mener des pourparlers, échanger les points de vue, ensuite examiner les problèmes de l’heure et avoir un point de vue commun relatif à la lutte contre le terrorisme, le désarmement et le maintien de la paix. Il est important d’élaborer de nouveaux textes et de signer de nouveaux accords sur les questions touchant les intérêts des deux pays.

«La Vie internationale»: Maintenant le programme à voir a trait à la formation et à l'emploi des étudiants étrangers organisé par l’Université russe de l’amitié des peuples (URAP) qui gagne en popularité. Y’ a-t-il un intérêt pour l’enseignement russe en RCA?

Claude Bezo: Je crois que la République Centrafricaine apprécie à sa juste valeur la formation des cadres en Russie parce que bien avant beaucoup de cadres centrafricains ont été formés en Union Soviétique et aujourd'hui la Russie reste encore une grande puissance dans le domaine d'éducation. Notre Etat a tout intérêt à envoyer beaucoup d'étudiants faire leurs études en Fédération de Russie.

«La Vie internationale»: Monsieur l'Ambassadeur, quels sont les principaux objectifs et les tâches de la politique étrangère de la République centrafricaine au stade actuel?

Claude Bezo: Comme objectif un – le principe du respect des accords signés par le gouvernement dans les domaines internationaux avec les autres Etats. Ensuite, la lutte contre le terrorisme international et le respect des droits de l’homme. Il est très important d’assurer la paix sur tout le territoire de la RCA. L'Etat doit revoir les structures sanitaires de la population. Il faut restaurer également l'économie nationale et résoudre le problème de chômage des jeunes.

«La Vie internationale»: Je vous remercie, Monsieur l'Ambassadeur, pour cette entrevue intéressante!

mercredi, 22 mars 2017 16:55

20 ans de la CCI France Russie

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La mission du Groupe CCI France Russie vise à renforcer les relations économiques et commerciales entre la France et la Russie, favoriser les investissements croisés, encourager un dialogue constructif et contribuer à mieux faire comprendre les réalités françaises et russes.

 

    

Le docteur ès sciences sociales et membre de l’Unité de l’Enseignement et de recherche du pendant russe de Sciences-Po (MGIMO) Nikolai Litvak n’qa pas froid aux yeux : il mise carrément sur la victoire de Marine Le Pen aux élections présidentielles. Nonobstant les poursuites judiciaires engagées aussi bien à son encontre que visant à atteindre ses collaborateurs, Marine gagne du terrain dans l’esprit des Français qui émettent beaucoup de critiques à l’égard d’autres candidats à la Présidence. Marine, elle, a du vécu et un bagage politique lui permettant de briguer les sommets de l’exécutif. M.Litvak est philosophe et spécialiste de l’Hexagone bien qu’il le nie farouchement. Le dernier-né de ses ouvrages est intitulé « Les guerres d’information en France ». D’une certaine façon, il incarne la pensée et tradition diplomatiques russes. Donc, son optique devrait être, pour le moins, intéressante en tant qu’une prise de position extérieure par rapport au contexte tricolore national à la veille de la présidentielle.  

 

    

Ces dernières années, de plus en plus, il a commencé à sonder l'opinion sur la nécessité de regagner le terrain perdu à Moscou sur le continent africain. À ce stade, nous pouvons dire au sujet des positions de premier plan dans le domaine de la coopération militaro-technique, mais il y a encore un grand nombre de domaines, tels que l'agriculture, la construction d'infrastructures, l'industrie de l'aviation et de nombreux autres domaines dans lesquels il est possible de développer efficacement la coopération bilatérale. La Russie et l'Afrique, en dépit de la distance géographique, est associée décennie de liens politiques, économiques et culturels forts. Alors que la plupart des pays africains sont associés à la pauvreté et le sous-développement, et ne pas attirer l'attention des médias du monde entier, au cours des dernières années, il y a eu une croissance économique importante dans un certain nombre d'états. En outre, en Afrique de développer activement des projets d'intégration qui aident à augmenter le poids du continent sur la scène mondiale. Nous avons demandé au Premier Secrétaire de l'Ambassade de la République du Cameroun à Moscou Monsieur Oyono Oyono Jean Stanislas parler des relations bilatérales de nos pays.

«La Vie internationale»: Monsieur le Premier secrétaire, le 20 Février marque le 53 ans depuis l'établissement des relations diplomatiques entre l'Union soviétique et la République du Cameroun. Comment décririez-vous le développement des relations bilatérales entre les deux pays au cours de cette période?

Monsieur Oyono Oyono Jean Stanislas: Merci de l’opportunité que vous nous donnez d’évoquer les relations bilatérales entre le Cameroun et la Russie, 53 ans après que nos deux pays ont souverainement décidé d’établir leurs relations diplomatiques. Comme vous le savez certainement, la Russie a succédé à l’ex-URSS, et le Cameroun de son côté a reconnu à la Russie ses droits et obligations en la matière. Il s’agit par conséquent d’évoquer avec vous, quelques éléments de bilan de cette coopération.

Je dirais d’entrée de jeu que ce sont des relations excellentes, empruntes de respect mutuel, et surtout de la volonté affirmée par les deux Chefs d’Etat, Son Excellence Paul Biya d’un côté, et Son Excellence Vladimir Poutine de l’autre, d’œuvrer à leur renforcement.

 En termes statistiques, plus de 2000 cadres camerounais, toutes disciplines confondues ont été formés en Russie parmi lesquels plusieurs occupent des postes de responsabilité à ce jour tant dans le secteur public, que le secteur privé camerounais. Une école formant dans les métiers des Forêts et de la Faune a été créée ainsi qu’une autre dans les métiers de l’agriculture. Quelques entreprises russes dont notamment Lukoil, Rusgazengineering, Café de Moscou, Zaroubezhvodstroy, Africam Safari, entres autres, sont présentes au Cameroun. D’autres sont en cours de prospection en vue de leur implantation.

Le Cameroun  a organisé à Moscou du 19 au 23 octobre 2016, la première édition des journées économiques et commerciales camerounaises. Cette activité qui était présidée par Monsieur Luc Magloire Mbarga Atangana, Ministre du Commerce du Cameroun, qui était accompagné pour l’occasion d’un nombre significatif de patrons des petites et moyennes entreprises camerounaises, mais aussi de ceux de certaines des sociétés paraétatiques ainsi que les plus hauts responsables de la Chambre d’agriculture, des pêches et de l’élevage du Cameroun, avec cette particularité que toutes ces entités étaient porteuses de projets. Nous pouvons ainsi affirmer sans risque de nous tromper que cette activité marque un véritable point de départ dans le rapprochement souhaité entre opérateurs économiques des deux pays, auxquels incombent à présent la responsabilité de poser les bases d’une véritable coopération économique et commerciale dynamique. Le Ministre camerounais du Commerce a proposé à cette occasion la création à Moscou d’une bourse du café du Cameroun. Ce projet d’intérêt parmi d’autres fera l’objet d’un suivi auprès de nos partenaires côté russe au cours de cette année.

«La Vie internationale»: Je voudrais continuer avec les sujets les plus urgents pour la République du Cameroun - la lutte contre le terrorisme. Déjà depuis de nombreuses années, votre pays est opposé à un groupe terroriste "Boko Haram". Dites-moi s'il était possible d'obtenir des résultats significatifs dans ce domaine?

Monsieur Oyono Oyono Jean Stanislas:  Je vous remercie pour cette question qui porte sur les résultats obtenus par le Cameroun dans la lutte contre le terrorisme en général et celui du Boko Haram en particulier. Car vous l’avez si bien souligné, ce groupe a été classé depuis le 22 mai 2014 par le Conseil de Sécurité des Nations Unies au rang des organisations terroristes. Face à la menace du Boko Haram qui s’est fait particulièrement pressante du fait de la porosité de la frontière entre le Nord-Nigéria et le Nord-Cameroun, la secte a pu opérer des prises d’otages dont notamment celle de la famille Moulin-Fournier avec leurs 4 enfants, puis, est régulièrement entrée dans le territoire camerounais, à la frontière nord, pour y effectuer de légères démonstrations de forces (vol de bétail, destruction de récoltes) puis disparaitre aussitôt. Le Cameroun qui n’entend pas servir de base arrière à ce groupe implanté au Nigeria voisin a, par la voix la plus autorisée, organisé sa stratégie de riposte.

 Lors du Sommet tenu à Paris le 17 mai 2014, à l’initiative du Président Hollande, et qui a regroupé les cinq chefs d’Etat de la région (Nigeria, Benin, Cameroun, Tchad et Niger) et qui portait sur les stratégies communes à adopter face à Boko Haram, S.E. Paul BIYA va se démarquer en déclarant la guerre à la secte terroriste.

Avant d’évoquer avec vous les résultats obtenus, il me semble utile de rappeler que, du fait des incursions de la secte sur le territoire camerounais : plus de 1500 morts sont répertoriés auxquels s’ajoutent 155.000 déplacés et 73.000 réfugiés, selon le dernier rapport sur le Cameroun publié par l’International Crisis Group(ICG).

Au plan économique, ces attaques ont fortement contribué au délitement du tissu économique de la région de l’Extrême-Nord, en causant la faillite de dizaines de milliers de commerçants qui dépendaient des échanges avec le Nigeria. En témoigne, la situation économique catastrophique de la région qui était autrefois le deuxième contributeur en termes de recettes douanières du pays (non liées au pétrole), après celle du Littoral, suite à la fermeture des postes de frontières et l’arrêt du trafic à cause des combats. Les destructions d’écoles, d’hôpitaux, de bâtiments et parfois de villages entiers, le vol de bétails et l’arrêt du tourisme ont entraîné une chute de la contribution de la région au PIB qui est passée de 7,3% à 5%. Ce qui traduit un manque à gagner pour le pays de 740 millions de dollars par an, soit 2,2 milliards de dollars depuis 2014.

Le chef d’Etat a ainsi opté pour la stratégie suivante : « A menace globale, riposte globale ». Mais, vu l’urgence à éradiquer les attaques de Boko Haram  devenues régulières, le Cameroun a compté avant tout sur ses forces armées et de sécurité, ensuite sur la défense populaire, et, enfin, sur la coopération internationale.

Le Cameroun est passé de la déclaration de guerre à l’acte de guerre. La parfaite coordination et l’engagement sans faille des troupes camerounaises sur les différents théâtres ont considérablement amoindri la capacité de nuisance de Boko Haram qui, ces derniers mois, a opté davantage pour les mines anti personnels et les attentats kamikazes menés par des adolescents jeunes filles et garçons. Mais la situation est maintenant sous contrôle.

 C’est une conjugaison de facteurs ainsi que je viens de souligner, qui a permis de refreiner les ardeurs des attaques terroristes du Boko Haram. Le Cameroun par la voix la plus autorisée remercie la Russie pour sa solidarité à nos côtés dans ces moments difficiles. A ce jour, les autorités administratives et militaires ont allégé les mesures contraignantes de sécurité jusque-là en vigueur sur l'étendue de la région de l'Extrême-Nord. Le trafic avec le Nigeria a repris. Mais la vigilance accrue reste de mise jusqu’à l’éradication complète de cette organisation qui a déclaré son allégeance à l’Etat Islamique en se faisant désormais appeler « Représentant de l’Etat islamique en Afrique de l’Ouest ».

«La Vie internationale»:А cause des actes terroristes de groupes militants, dans le pays verse un grand flux de réfugiés. Quelles mesures le gouvernement pour faire face à ce problème?

Monsieur Oyono Oyono Jean Stanislas: Je commencerai par dire que les mouvements forcés des populations, pour diverses raisons, paraissent aujourd’hui plus qu’hier une préoccupation majeure à l’échelle planétaire. En effet, les statistiques disponibles en ce qui concerne particulièrement les réfugiés nigérians du Boko Haram que l’on retrouve principalement dans le camp de Minawao dans la région de l’Extrême-Nord font état de plus de 70.000 personnes.

A cela il faut ajouter plus de 150.000 déplacés internes et autres réfugiés venant d’un pays voisin ayant connu une crise politique interne. Soit près de 400.000 réfugiés et personnes déplacées à gérer.

Face à cet afflux de réfugiés, il se pose de nombreux problèmes dont entre autres : la sécurisation des camps, leur hébergement, leur prise en charge sanitaire en rapport avec les menaces de diverses épidémies sanitaires à l’alimentation. A cela, il faut ajouter les conflits qui naissent avec les populations autochtones, les problèmes d’éducation des plus jeunes, le chômage et l’inévitable problème d’insécurité, en raison du fait que certains de ces réfugiés font régner l’insécurité dans les camps où ils sont accueillis.

Au rang des autres défis : la sécurisation du système d’état civil, certains réfugiés finissant par solliciter leur naturalisation, il en est de même de la situation des enfants nés sur le territoire camerounais.

Face à sa tradition légendaire de pays d’accueil, le Cameroun a adopté une batterie de mesures dont la plus symbolique est la création, le 13 mars 2014, du Comité interministériel ad hoc chargé de la gestion des situations d’urgence concernant les réfugiés. Cette instance qui regroupe plus de dix ministères comprend également des structures du système des Nations Unies telles : le Haut Commissariat aux Réfugiés, l’Organisation Mondiale de la Santé, le Programme des Nations Unies pour le Développement, l’Organisation des Nations Unies pour l’Enfance, l’Organisation Internationale des Migrations. En font également partie, des organismes comme Plan International Cameroon, le Comité International de la Croix Rouge, etc. Toutes ces entités aident le gouvernement à agréger les défis qui se posent aux réfugiés et personnes déplacées au Cameroun.

C’est l’occasion de souligner l’apport inestimable du Ministère des Situations d’Urgence de Russie qui, en deux temps, en février et juin 2015, a apporté une aide humanitaire substantielle au Cameroun en guise de la solidarité et de l’appui du gouvernement russe à la gestion de la situation des réfugiés sur son sol.

«La Vie internationale»: Du 24 au 26 Janvier à Abidjan, Côte d'Ivoire, il y avait une exposition d'armes et d'équipements spéciaux pour les forces de police et de la gendarmerie «Shield Africa-2017». Selon les médias, sur le stand de «Rosoboronexport» a montré un vif intérêt dans de nombreux pays africains, dont le Cameroun. Selon le chef de la délégation russe, Vadim Startsev, l'exposition est organisée pour la première fois lors de cette exposition, basée sur le développement progressif des relations militaro-techniques avec la Côte d'Ivoire et d'autres pays de la région. Une longue expérience de la coopération, le rendement élevé des armes russes et la nécessité de redoubler d'efforts dans la lutte universelle contre la menace terroriste ouvre de nouvelles opportunités pour accroître l'offre de produits russes de défense du continent. Comment commentez-vous ses paroles?

Monsieur Oyono Oyono Jean Stanislas:  La coopération de la Russie avec les pays africains en matière militaro-technique est sans aucun doute un des secteurs d’avenir, tenant compte non seulement de diverses menaces à leur sécurité auxquelles la plupart de ces pays font face, mais surtout de la nécessaire mutualisation des forces dans le contexte de la menace terroriste dans laquelle aucun pays pris isolément ne saurait y apporter des réponses.

Par ailleurs, le fait que la Russie dispose d’une littérature abondante quant à la qualité de ses produits de défense, associé aux initiatives de promotion desdits produits par la société «Rosoboronexport» auprès des pays africains, sont autant de raisons d’espérer quant au développement progressif de la coopération militaro-technique avec nombre de pays africains dont le Cameroun.

«La Vie internationale»: En Octobre l'année dernière, la Chambre publique de la Fédération de Russie a tenu une table ronde «Des compatriotes russes vivant au Cameroun: la coopération pratique et la diplomatie publique» dans laquelle vous avez pris une part directe. Pendant l'événement, vous avez apprécié l'initiative humanitaire de la Russie en Février 2015, notant que cette solidarité du gouvernement russe a ouvert de nouvelles possibilités de coopération bilatérale. Quel genre de possibilités?

Monsieur Oyono Oyono Jean Stanislas: L’on dit souvent : «C’est dans le malheur qu’on reconnait ses vrais amis». Le Cameroun ainsi que le montrent les développements ci-dessus, s’est retrouvé obligé de faire une guerre pour la préservation de l’intégrité de son territoire ainsi que de la sécurité de ses citoyens.

Dans le contexte de rareté des ressources, l’incidence financière dans son budget pour soutenir l’effort de guerre est énorme. S’il faut y ajouter le lot de réfugiés et personnes déplacées sur son sol, qui pose in fine celui de la prise en charge humanitaire de plus de 400.000 réfugiés et personnes déplacées, vous comprenez aisément que le geste fort de solidarité de la Russie ait été hautement apprécié non seulement des hautes autorités mais également du camerounais lambda.

Dès lors, la Russie dont le savoir-faire en matière humanitaire et de gestion des situations d’urgence mais aussi dans d’autres domaines de la science et de la technologie est établi, devrait en tirer avantage pour développer avec le Cameroun des niches de coopération qu’il serait fastidieux de détailler ici.

«La Vie internationale»: Aussi à l'événement a vu la participation le président de l'Association «Les centres d'affaires russes» au Cameroun Olga Gogolina. Comment évaluez-vous la contribution réelle du Centre pour le développement des relations bilatérales?

Monsieur Oyono Oyono Jean Stanislas: La présence du « Centre russe d’affaires » au Cameroun est une initiative à saluer. Elle constitue  le prolongement de l’excellent travail de terrain qu’abattent nos collègues de l’Ambassade de Russie à Yaoundé. Elle est surtout la mise en œuvre par la diaspora russe d’une volonté d’intégration dans leur pays d’accueil ainsi que de leur contribution au rapprochement entre milieux d’affaires des deux pays. Le travail scientifique afférent à la publication en 2016 du premier numéro du « Guide des affaires » sous la direction de la Présidente dudit centre avec le concours des institutions publiques et privées camerounaises est bien la preuve que l’une et l’autre partie souhaitent bâtir des ponts de nature à impacter la coopération bilatérale.

«La Vie internationale»: Combien camerounais sont constamment vivre en Russie? Maintenant, le programme à attirer, à la formation et à l'emploi des étudiants étrangers, organisé par L’Université russe de l’amitié des peuples (URAP) gagne en popularité. Y at-il aucun intérêt pour l'éducation russe chez les jeunes camerounais?

Monsieur Oyono Oyono Jean Stanislas:  Les statistiques sur les camerounais résidant en Russie ne sont pas consolidées. Mais les données disponibles les estiment à plus de 5000 compatriotes. En ce qui concerne le programme de sensibilisation, de formation et de placement professionnel des étudiants étrangers en Russie, nous pouvons affirmer qu’il y a un engouement ainsi qu’un intérêt réel pour l’enseignement russe dans la jeunesse camerounaise.

A titre d’illustration, et me référant aux statistiques communiquées par Rossotroudnichestvo pour l’année 2017/2018, plus de 1000 jeunes camerounais sont déjà enregistrés sur le site « studyinrussia.ru » en vue de bénéficier d’une facilité pour venir étudier en Russie. A cela s’ajoute le fait que, chaque année, plus de 100 jeunes camerounais postulent au programme de bourses de coopération du gouvernement russe. Ce chiffre n’intègre pas ceux qui souhaitent se former sous le mode contractuel dont on sait que les statistiques évoluent à la hausse d’année en année.

La jeunesse camerounaise faut-il le souligner, est très studieuse. Je saisis l’occasion de cette tribune pour émettre le souhait qu’au-delà de l’Université de Russie de l’Amitié des Peuples, d’autres universités russes et académies agréées envisagent la possibilité d’arrangements et ou de partenariats avec leurs homologues camerounaises en vue d’offrir à la jeunesse camerounaise des savoirs  et savoir-faire dont l’effet induit sera non négligeable à terme pour chacune des parties.

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