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ACTUALITÉS, FAITS, COMMENTAIRES
jeudi, 03 août 2017 14:58

Slobodan Despot

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Directeur de la maison d'édition "Xénia" aussi bien que du projet www.antipresse.net, auteur des livres à succès y compris du "Rayon bleu" (Gallimard), Slobodan Despot est un Suisse qui garde les yeux bien ouverts pour surveiller la politique migratoire du gouvernement de la Confédération Helvétique. Selon lui, la Suisse occupe une place bien à part dans le concert des nations européennes. Pourquoi son pays devrait-il répondre des fautes commises par ses voisins? Pourquoi les Suisses assument-ils une note bien salée des agissements de l'OTAN au Proche-Orient? Un conflit latent couve entre Berne et cantons.

 

André Chanclu, secrétaire général de l’Association « Novopol » a donne en toute exclusivité une interview à Alexandre Artamonov, observateur international de « La Vie Internationale », magazine du Ministère des Affaires Etrangères (Interaffairs.ru). André aime les causes désespérées. Depuis des lustres , il lutte de toutes ses forces pour faire connaître le Donbass et la position du Kremlin sur la question. Son Association « Novopol » aussi bien que d’autres corps professionnels qu’il anime, livre un bel exemple de solidarité par rapport à la résistance des citoyens du DNR et LNR –réunis maintenant au sein d’un même Etat auto-proclamé. Emmanuel Macron vient de prendre part aux travaux du groupe quadripartite composé de la Russie, la France, l’Ukraine et l’Allemagne. Cette réunion tient régulièrement ses assises en vue de promouvoir la paix et la sécurité à l’Est de notre continent Européen. André Chanclu décortique les chroniques de la dernière réunion qu’il observe en homme calme et désabusé. Pour lui, le combat est bien ailleurs.

 

 

Eperte en armements, le Français Philippe Migault est l’invité du plateau vidéo de « La Vie Internationale », magazine du Ministère des Affaires Etrangères de Russie (Interaffairs.ru). Lors de cette interview exclusive, animée par l’observateur Alexandre Artamonov, M.Migault passe au crible de son analyse les dernières nouveautés fabriquées en Corée du Nord et en Russie. Il parle également du MAKS, salon en aéronautique russe qui s’est déroulé la semaine dernière à Joukovski. C’est bien à l’occasion de cet événement que Philippe s’est déplacé à Moscou. Il  livre également en toute exclusivité à « La Vie Internationale » ses commentaires sur le marché des armements russe le comparant à la panoplie occidentale. Sur une demande expresse de « La Vie Internationale », Philippe Migault analyse aussi la menace nord-coréenne incarnée par ses missiles balistiques. 

 

 

Valérie Bugault, experte en macro-économie et macro-politique, juriste, auteur de la rubrique francophone de la source américaine de presse libre Saker, vient de faire publier, ensemble avec Jean Rémy, son nouveau livre Du nouvel esprit des lois et de la monnaie (éd. SIGEST). Dans son ouvrage, elle démêle l'écheveau des problèmes du développement financier et de la gestion de la monnaie tiraillant maintenant l'Occident. Mme Bugault prouve, de façon bien argumentée, que le pouvoir supérieur n'est plus entre les mains des nations, mais que le facteur politique est accaparép à l'échelle internationale, par une Pieuvre anonyme qui, par exemple, vient de parachuter à la tête de la France un Emmanuel Macron.

A travers de longs siècles de l'Histoire de l'Occident, les banquiers ont appris à instrumentaliser l'économie, puis ont corrompu les politiciens pour, enfin, aboutir à la gestion du monopole de la violence - le pouvoir militaire. Les médias se font chantre de ce Nouvel Ordre qui n'a aucun contrepoids dans notre société. L'objectif des dirigeants anonymes n'est point l'organisation de la vie communautaire, mais le gain pur et simple. Tous les autres aspects de la vie sociétale et des instituts démocratiques qui entravent l'atteinte de ce but pré-fixé sont froidement éliminés.

Personne n'est à l'abri de la Pieuvre qui a déjà pénétré de ses tentacules tous les Etats pas encore complètement assujettis par l'Occident. Les traditionnels partis politiques sont inexistants - vendus ou obsolètes. Surgissent ça et là quelques mouvements de renouveau, tel le Civitas ou autres, mais ils sont encore à un stade, de loin, immature et n'ont pas pleine conscience de l'ascendant qu'ils pourraient exercer sur la société.

 

L'ouvrage de Valérie Bugault et de Jean Rémy donne le mode d'emploi à tout gouvernement, toute nation, désireuse de s'affranchir de l'influence malsaine de la Pieuvre bancaire internationale, incarnée, en particulier, par le Club Bilderberg.

 

 

Homme politique, archéologue, ancien militaire et fou amoureux de l'aventure, Pierre Malinowski vivant à 200 à l'heure, a fait un rêve: il voulait rencontrer Vladimir Poutine et lui causer tranquillement entre quat'z'yeux sur la France, la Russie... et le monde. En 2013, il commence les fouilles dans le petit village où il habite. Aidé par Marion Maréchal-Le Pen et quelques fidèles, il finit par mettre à jour les restes d'un soldat russe dans une tranchée de la Grande Guerre. Il y a tout juste 100 ans, un détachement du Corps Expéditionnaire russe y trouva la mort lors de l'offensive. Approuvées par la Gendarmerie et les services concernés, les fouilles ont permis de déterrer quelques objets personnels des soldats de l'époque dont une tasse portant une inscription en cyrillique et d'autres impidementa de ceux qui donnèrent leur vie pour la France sans être des Français pour autant.

Lors de sa récente visite à Paris, tout juste après Versailles et la rencontre avec Emmanuel Macron, Vladimir Poutine s'est rendu au centre culturel russe où - et le chef de l'Etat russe le savait déjà - Pierre l'attendait patiemment pour lui narrer son aventure archéologique dont le goût lui est venu de son père, historien de la Première Guerre Mondiale.

Au fait, Malinowski connaissait déjà le Président de Russie qui l'avait même convié à un défilé militaire à l'occasion de la fête de la Victoire célébrée à Moscou le 9 mai. Poutine l'avait mis ensuite à une table adjacente à la sienne et lui a serré la main au passage. Mais cette fois-ci, il y a moins d'un mois, l'émotion a été autrement plus forte. Les deux hommes se sont parlé 11 longues minutes en tête-à-tête (sauf un interprète affidé, bien sûr).

Ils se sont quittés après pour se donner un nouveau rendez-vous... Quand? Le jeune Français ne vend pas la mèche: en bon militaire, Pierre sait obéir à la consigne et garder le secret professionnel.

Depuis, Malinowski a pas mal cavalé à travers la Russie et ses marches: un passage dans le Donbass où on l'a accueilli à bras ouverts; une visite en Crimée où presque tout le gouvernement russe et les sénateurs au grand complet l'ont pris en amitié y compris la redoutable Maria Zakharova, porte-parole de Sergheï Lavrov, ministre des Affaires Etrangères de Russie.

Pierre a l'étoffe d'un gaullien: il considère la Russie comme une terre européenne, par excellence, s'étalant tout le long de l'hémisphère Nord, à partir de Kaliningrad,chef-lieu de l'ancienne Prusse Orientale jusqu'à Vladivostok, dans l'Extrême-Orient, aux confins de la Chine et du Japon. Pour M.Malinowski, les deux grands Etats-membres du Conseil de Sécurité de l'ONU sont appelés à coopérer et à coexister au sein du même espace continental dont ils forgèrent ensemble l'histoire à travers une multitude de siècles.

 

Les plans du jeune politique français? "Attendez un peu et vous allez voir!" Pierre a le sourire d'un homme avisé qui a déjà fait ses premières armes. Il nous a donné un nouveau rendez-vous, en mars 2018 où il promet de faire de nouveau la une de l'affiche franco-russe. 

 

En cartésien, Pierre Malinowski, historien, ancien militaire qui a travaillé à Bruxelles dans l'équipe du FN, est allé rencontrer Vladimir Poutine pour se forger sa propre opinion sur cette personnalité et le pays qu'il dirige. Ses impressions coulent de source. Il a parlé à Interaffairs.ru en personne désabusée, à bâtons rompus aussi, pour exposer son optique de la Russie et de son chef de l'Etat.

- Vous avez pu rencontrer Poutine. c'était votre premier rendez-vous avec lui?

Pierre Malinowski. C'est la deuxième fois que je le vois puisque je l'avais déjà vu en 2015, à l'occasion de la fête de la Victoire lorsque tous les chefs européens ont boudé les 70 ans de la Victoire ce qui a été une honte. J'y étais avec toute une délégation des vétérans français pour assister à la parade. On avait nos places dans la tribune officielle, avec tous les présidents du monde ce qui a été un très grand honneur. Et ensuite nous avions déjeuné au Kremin où j'occupais la table d'à côté. Et à la fin du déjeuner, j'ai été le saluer et échanger 2 ou 3 mots, mais ça n'a pas été très loin...

- Mais aviez donc tout de même déjà été l'invité de Poutine, alors?

P.M. En tout cas, l'invité du Kremlin. Je ne sais pas si c'est lui qui fait les invitations lui-même, mais je pense qu'ils les valide pour éviter que n'importe qui se présente à sa porte. Et pour la tribune - encore plus puisqu'il y a très peu de places... Mais pour cette année-là, j'ai été dans l'organigramme de sa visite à Paris. La rencontre a été facilitée énormément par M.Peskov que j'avais rencontré une semaine avant et qui a apprécié beaucoup mon travail. Ca m'a vraiment aidé. J'avais appris seulement 4 jours à l'avance que j'allais rencontrer Poutine. C'est l'ambassadeur Orlov qui m'a envoyé un SMS en m'écrivant: "Pierre, tu vas réaliser ton rêve en quelque sorte et rencontrer le président Poutine pour pouvoir lui exposer ton travail. Il fallait s'y préparer psychologiquement déjà parce que vous avez là affaire au plus grand président du XXIième siècle qui va vous accorder quelques minutes...

Le Président Poutine a eu d'abord sa rencontre avec Emmanuel Macron, à Versailles. Et c'était le but officiel du voyage.

- Vous avez été de la fête?

P.M. Non! J'étais déjà sur place au Centre Spirituel russe parce que j'ai attendu 5 heures: c'est tellement cadenassé et c'est un tel niveau d'organisation qu'il faut vraiment arriver 5 heures à l'avant! Sinon vous ne rentrez plus! Une fois sur place, j'ai mis beaucoup de temps pour me préparer. En plus Vladimir Poutine a accusé 2 heures et demi de retard..

- C'est normal! Comme tout le monde le retient, le président russe se met toujours en retard...

P.M. Ce n'était pas grave. Pour Poutine,  j'aurais pu attendre 72 heures, moi! Une fois qu'il était arrivé, en compagnie de la maire de Paris, Mme Idalgo, et Rachida Dati qui est la maire de l'arrondissement où se trouve le Centre Spirituel, ils sont allés visiter la cathédrale orthodoxe, quai de Branly. Et ensuite ils sont arrivés dans la salle principale où j'avais mes vitrines qui étaient exposées avec tous les objets archéologiques que j'avais trouvés avec les restes du soldat russe, au mois de décembre dernier. On l'a sorti en janvier, mais je l'avais trouvé le 24 décembre. Et c'est le ministre de la Culture de Russie, M. Médinski, qui a fait la présentation. Je le connaissais déjà puisqu'il était passé dans mon village, il y a deux ans pour inaugurer un monument...

- Et vous voir à l'occasion...

PM. Oui, il a visité mon exposition. Il me connaît très bien d'ailleurs. Déjà, lors de ma visite actuelle à Moscou, M.Médinski m'a invité à visiter le musée historique militaire russe. Il en est le président. Et cet été on va encore travailler ensemble sur un projet dans le cadre duquel je vais accueillir 10 archéologues russes chez moi pour creuser et trouver d'autres soldats.

- Et M.Médinski va prendre part à ces fouilles?

PM. Je ne sais s'il sera présent, mais le directeur du musée militaire m'attend pour m'organiser une visite privée officielle, alors...

- D'où je déduis que vous êtes très bien reçu à Moscou...

PM. A chaque fois! Et il y a toujours des choses très intéressantes au programme. Mais c'est un travail que je fais aussi pour la Russie. Pour terminer ma narration de la rencontre avec le président Poutine, il était arrivé à la tête de sa délégation. Il y avait Messieurs Ouchakov et Peskov et d'autres personnalités, et il m'a salué très aimablement, avec un grand sourire. Et il a écouté attentivement mon récit sur tous les objets exposés. Je lui ai même dressé un plan de l'attaque des Russes. Ca a semblé vraiment le passionner. Je lui ai montré l'endroit exact sur mon schéma où j'avais trouvé le soldat. Et M. Médinski a exposé tout ce que j'avais fait depuis des années pour la Russie. Ca a duré une dizaine de minutes, mais c'est très long quand vous rencontrez un président! Et il a même terminé par un "Merci beaucoup!' en français! Je pense qu'il a été très content! Les photos sont disponibles sur la Toile. On peut y voir Poutine arborer un grand sourire. Je pense qu'il a apprécié ce que je fais pour la Russie. Parce qu'en dehors de la politique, c'est un projet historique et culturel. Je pense que c'est bien ce genre de choses qui font rapprocher nos deux pays - l'histoire en commun, etc. Je pense que ça le change aussi de sa routine habituelle - la politique et tout ça! Il voit qu'il y a des jeunes Français qui admirent la Russie et qui font des choses pour la Russie et pour l'amitié! Ca a été un grand moment pour moi. Je n'oublierai jamais cette rencontre!

- Je crois que c'est un sujet porteur et ce que vous avez fait, cadre parfaitement avec la ligne de mire de Poutine qui ne gère pas la politique au jour-le-jour, mais possède une vision stratégique. Pour ce qui est de vos recherches, vous avez réussi à mettre en valeur, à mon sens, un moment fort dans l'histoire des deux pays: la Grande Guerre. Le soldat russe est bien mort pour la France, lui... Est-ce que vous pourriez nous narrer cette histoire un peu plus en détails?

P.M. Bien sûr. J'ai été militaire pendant 8 ans en France et mon père est historien sur la Première Guerre Mondiale. Il a écrit plusieurs ouvrages sur la région du Chemin-des-Dames. Et un jour, il me dit, lorsque j'étais encore militaire: "Tu sais, Pierre, il y a des soldats russes qui sont venus ici et qui ont combattu dans notre région". Mais à l'époque, personne ne connaissait cette histoire: je savais, entre autres, qu'il y avait des Allemands, des Français, des Américains, mais d'habitude on ne parlait jamais des Russes! Donc je me suis posé la question pourquoi je ne connaissais rien sur la Russie, et je me suis dit: il faut que je trouve un soldat russe! Pourquoi faire? Mais tout juste pour prouver à la France qu'il y en avait ici! Ensuite mon père m'a donné des plans, des archives et je me suis mis à les étudier mais vraiment tous les jours. Quand je partais même pour mes missions militaires, je m'arrangeais toujours pour avoir mes archives avec moi. Ce que je voulais savoir, c'est où est-ce qu'on pouvait vraiment trouver ces disparus? Parce que je savais que rien que sur les cent hectares où j'habite, il y avait quelques 700 soldats russes qui périrent pendant la bataille. J'avais commencé à creuser en septembre 2013, avec ma pelle en faisant des trous comme ça - à droite-à gauche...

- Ca date donc...

P.M. Eh oui! Au bout d'un an et demi, j'avais commencé à me rapprocher du site. J'avais loué une grue, avec mes propres économies, bien sûr.

- Je me demande comment aviez-vous réussi. Les champs sont la propriété privée. Comment aviez-vous fait pour obtenir l'autorisation?

P.M. Tout à fait. J'ai obtenu l'autorisation des propriétaires. C'est énormément d'organisation! Et l'été 2015, j'avais commencé à me rapprocher de la zone parce que c'est à ce moment-là que mes fouilles ont mis à jour des objets de fabrication russe. En 2016, ça a continué crescendo, mais toujours pas de soldats! Tout le monde me disait: "Tu ne trouveras jamais! C'est comme trouver une aiguille dans une botte de foin!" Jusqu'au 24 décembre. En fait, je devais me faire opérer le genou le 26 décembre: à force de creuser, j'ai fini par avoir un traumatisme. Alors c'était ma dernière journée des fouilles - le 24 décembre et le jour de Noël quand même! On creuse à un mètre 70 de profondeur à peu près et là je vois une colonne vértébrale apparaître. Je me suis dit: c'est un soldat allemand! Je ne m'attendais pas à avoir le résultat de mes recherches le jour même de Noël, et là la colonne vértébrale a été dégagée de la terre et j'ai vu tout de suite la croix orthodoxe! Et vous vous imaginez? La première chose que je trouve est une croix!

- Comment aviez-vous su tout de suite qu'elle était orthodoxe, la croix?

P.M. C'est qu'elle est beaucoup plus grosse et puis géométriquement parlant octogonale, à trois branches... Mon père m'assistait dans mes recherches archéologiques et c'est lui qui a déclaré immédiatement qu'il s'agissait d'un Russe. Et puis les boutons sont sortis - tous frappés à l'aigle bicéphale. Mais on n'a pas touché au soldat: on l'a laissé momentanément reposer sur place et appelé la Gendarmerie, les archéologues et le Ministère de la Culture. On nous a répondu qu'il faudrait attendre quelques jours à cause de la période des fêtes de Noël. Mais le 7 janvier, on l'a déterré officiellement et il est devenu définitivement clair que c'était bien un soldat russe. On a trouvé beaucoup d'objets matériels sur lui, mais, bien malheureusement, il n'avait pas sa plaque d'identité. On l'a inhumé dans un cimetière français le 22 mars 2017, en présence du Secrétaire d'Etat aux anciens combattants. Il est vraiment très rare qu'un ministre français se déplace pour l'enterrement d'un soldat de la Première Guerre Mondiale. Mais une fois n'est pas coutume parce que c'était d'une importance vitale! C'est que je l'ai trouvé trois mois avant le centenaire de cette offensive fatale où il trouva sa mort! Tout coordonne!

Pour revenir à Poutine, son grand-père fit la Première Guerre Mondiale. Ca aide aussi la Russie à recoller son histoire : il y a eu la période soviétique d'accord, mais aussi l'époque tsariste! Pour ce qui est des Français, le fruit de mes recherches doit leur prouver qu'il y a eu du sang russe qui a coulé dans notre terre. Ce qui, réflexion faite, est très important pour le Centenaire. Ainsi donc, il n'y avait pas que des Français, Anglais et Américains, mais également des Russes qui ont combattu! On m'a appelé de toute la France pour m'encourager. Grâce à ces efforts on rend hommage à ces 6 mille Russes morts en France pour notre pays. Mais figurez-vous que 5.000 sont tombés en 3 jours, lors de l'attaque du 5-9 avril 1917! Là où j'habite ils furent 699 à tomber! J'avais même trouver qu'il s'agissait des Sibériens, de la région d'Ekaterinbourg, de la Troisième Brigade. Imaginez un peu le trajet qu'ils firent de là où ils habitaient jusqu'au lieu où ils périrent! Et puis il faut bien dire qu'il s'agit cette fois-ci des preuves tangibles et bien physiques: un corps, des objets de l'époque - un casque russe et même une tasse émaillée. On voit même toujours de l'écriture cyrillique dessus, avec un aigle bicéphale sur la porcelaine... C'est ce que j'avais trouvé dans la tranchée, à côté de ce soldat. Il a dû prendre ces effets de sa maison; elles auraient dû revêtir une valeur émotionnelle pour lui. Remarquez qu'il ne s'agit pas de matériel réglementaire.

- A travers vos fouilles, vous avez rendu à tous les vétérans qui échouèrent en France, après la Révolution de 1917, et qui combattirent pour la France lors de la Guerre de 14-18. De là où ils sont maintenant, ils ont dû apprécier le geste. Pour revenir à des choses un peu plus terrestres, vous, ancien militaire français, pourquoi vous êtes-vous mis à vous intéresser à la Russie?

P.M. Lorsque j'étais militaire, je ne me suis jamais rendu en Russie. Lorsque l'on est militaire, on doit avoir une autorisation spéciale pour aller en dehors de l'Europe. Mais pour ce qui est de moi, j'ai toujours apprécié le président Poutine depuis qu'il est au pouvoir c'est-à-dire plus de 15 ans maintenant. Lorsque j'avais vu ce qu'il faisait, je me suis dit: ça, c'est un vrai mec! Et puis ce qu'il fait pour la politique internationale est assez exceptionnel tout de même... Mais je n'en connaissais pas plus que ça. J'avais commencé à m'intéresser vraiment à la Russie lorsque j'étais rentré au Parlement. J'ai étudié l'histoire russe tout seul, mais je dois rendre hommage à Jean-Marie Le Pen qui m'a fait découvrir la vraie portée de la politique russe à travers le monde. C'est bien lui qui m'a embauché au Parlement et j'étais chargé des affaires russes. Ils m'ont envoyé en Russie en mission sans que je connaisse grand'chose du pays. Pour la première fois, j'avais foulé le sol russe en septembre 2014. Au bout de 6 mois, j'avais commencé à apprécier la Russie. J'avais accompagné Gérard Depardieu, par exemple. Il était déjà citoyen russe, mais j'ai eu l'honneur de lui présenter le peintre Glazounov. Mais au bout de plusieurs mois de travail, je me suis dit: il faut que je rencontre le président Poutine. Quelques connaissances m'ont vite fait d'expliquer que ça faisait 10 ans qu'ils étaient sur le terrain sans pouvoir l'approcher. Moi, il m'a fallu 7 mois! Parce qu'en mai 2015, j'avais déjà rencontré le Président. Quand on veut on peut! Il suffit de faire des choses bien pour le pays. Très souvent la politique n'est composée que du vent, des propos en l'air. Alors qu'il faut faire des vrais projets en vous investissant à 100%. Il faut aussi montrer que vois aimez le pays. Je pense que c'est la priorité - faire des choses pour le pays sans rien demander en retour. Tandis que la vision normale d'un politique moderne se réduit à décrocher le mandat, venir et discuter. Sans mandat, vous n'existez plus! Quant à mon projet, il dépasse les bornes d'un geste politique. Je me suis vu d'ailleurs octroyer la plus haute distinction russe pour étrangers - la médaille de l'Amitié! Il y a 48 heures, j'ai officiellement informé que l'Ambassadeur de Russie en France s'apprêtait à me la remettre dans le futur immédiat. A mon sens, c'est une vraie reconnaissance de mon mérite dans le relationnel franco-russe. Mais je vous assure que ce n'est pas fini! Je nourris encore beaucoup de projets.

- On vient aussi d'apprendre que lorsque vous étiez en Crimée, vous aviez été aperçu en compagnie de la très sulfureuse - en tout cas, pour les Américains - Maria Zakharova, porte-parole de Sergheï Lavrov. Pourriez-vous développer un peu le sujet?

P.M. Je suis allé en Crimée deux fois 3 jours en une semaine, mais jamais avant.

- Vous avez pu au moins profiter du soleil?

P.M. Ah non! Pas du tout! Je n'ai pas eu le temps de mettre les pieds dans l'eau. Je m'y suis rendu d'abord la semaine dernière en visite de 3 jours en me faisant inviter pour un Forum avec Mme Matviïenko, la présidente du Sénat de Russie, et M.Axionov. L'événement était consacré à la langue russe. On a pu discuter après le dîner. Elle m'a dit: "Je vous connais!" Elle était au courant de mon projet. Je trouve que c'est une très grande dame et très intelligente aussi. J'avais rencontré aussi M.Mouradov. Une fois en avion, en partance pour la France, je me suis fait inviter pour un autre Forum organisé par M.Alexandre Lébédev, milliardaire, qui, en fait, a monté justement le premier Forum sur les investissements en Russie. Il y avait M.Axionov et Mme Zakharova. J'avais bien accepté de m'y rendre, mais j'avais voulu tout d'abord organiser une petite rencontre avec Mme Zakharova. Et les organisateurs me l'ont promis et tenu fidèlement leur parole. J'y suis allé avec mon amie. Tout de suite après le Forum, je suis monté en voiture avec Mme Zakharova et on a discuté pendant 10 minutes sur plusieurs sujets. Je ne veux pas les évoquer, mais je vous assure qu'elle a approuvé mes initiatives. Je pense qu'elle sait aussi ce que je fais pour la Russie.

- Que pensez-vous d'elle en tant que personne?

P.M. Vous savez, c'est très difficile de juger en 10 minutes! Mais je pense qu'avec tout le poids qui pèse sur elle qui fait partie de l'entourage immédiat de M.Lavrov et exposée aux critiques du monde entier, sans poigne elle ne s'en sortirait pas... Je pense que c'est quelqu'un qui a un caractère très fort, très dur. Mais c'est tout à fait normal pour ce type de poste.

- Vous vous êtes mis donc sur la même fréquence avec elle parce que vous aussi, vous semblez être un dur-à-cuire...

P.M. Tout s'est bien passé. J'ai son portable et on s'envoie des textos. Elle m'a même confirmé un rendez-vous après le Forum.

- Que pensez-vous de la Crimée, à titre subjectif? 

P.M. Je ne m'attendais pas du tout à ça - qu'il y a autant de sanctions! Je suis allé à plusieurs reprises à Donetsk, mais j'ai l'impression que c'est moins dur là-bas. C'est peut-être de petits détails, mais, à titre d'exemple, il n'y a pas de réseau en Crimée! J'étais arrivé à l'aéroport et mon portable était mort! Et il y a zéro opérateur! Ma carte bleue a été, elle aussi, hors de service. Impossible de retirer la moindre somme! Là on arrive vraiment à une dictature en puissance, j'entends, la dictature européenne. Et qui plus est, les habitants locaux n'ont rien demandé à personne! J'ai parlé à deux ou trois habitants locaux. Je leur ai posé la question: "Qu'est-ce que vous pensez du référendum de 2014?" Et ils étaient carrément pour les Russes!

- Ils parlaient russe ou ukrainien?

P.M. On a parlé en anglais avec ces personnes. Mais ils parlent tous russe! Et quand je leur ai demandé s'ils parlaient ou entendaient l'ukrainien, ils m'ont juste dit: "Bah non! On comprend un peu, pas plus!" Ils ne comprennent même pas à fond l'ukrainien, vous voyez? Mais c'est des Russes! Ainsi vous avez la preuve physique avec ces personnes qui se disent Russes! Et là-bas c'est à la fois magnifique et historique: vous aviez eu des Byzantins, des Romains. C'est aussi un peu la Côte d'Azur avec des paysages paradisiaques. Il y a également beaucoup de travail à abattre et énormément d'investissements à faire! Alors je me demande pourquoi on bloque la Russie avec des sanctions. Un référendum est un exercice démocratique, par excellence! Imaginons: nous, on monte un référendum en France et la Russie va s'amuser à nous balancer des sanctions et ne pas le reconnaître! Il faut arrêter ces bêtises du cru européen! Et après, lorsque j'avais vu comment ça se passait là-bas, je me suis procuré tout le Décret européen sur les sanctions. J'avais appris que si vous faites des investissements en Crimée, vous courez le risque de vous faire pénaliser et vous vous exposez à de vraies menaces!!! Et même si vous organisez quelque chose dans le domaine touristique, vous encourez des problèmes judiciaires. On dirait que les Européens aient affaire à la Corée du Nord! En revanche, je n'ai senti aucun danger. Juste deux attentats ukrainiens déjoués à la frontière! Les touristes occidentaux son absents parce que les gens ont peur. Pas moi!

J'avais aussi visité le pont de Kertch en chantier, en compagnie de son architecte M.Novikov qui a construit aussi le pont à haubans, à Vladivostok que j'avais visité aussi d'ailleurs. J'avais été impressionné par le rythme de travail: ils bossent jour et nuit pour ouvrir le pont fin 2019. Je pense qu'ils vont le tenir haut-la-main, le délai! C'est aussi très intéressant de voir le savoir-faire russe. Je ne suis pas ferrailleur, bien sûr, mais mon père m'avait appris à souder et travailler de mes mains. Et j'ai bien constaté que le chantier a tout le matériel requis! Et puis j'avais vu la qualité du pont! Impressionnant! Les Russes m'ont posé une question: "Est-ce que vous allez utiliser notre pont quand il sera terminé? " Et je les ai assuré que j'allais l'utiliser en faisant des allers et retours.

Côté sanctions, je ne reçois d'ordres de personne! Je suis un homme libre et agis en tant que tel! Ce n'est pas parce que l'UE va dire qu'il y a des sanctions que je ne vais pas y aller! Bruxelles est une dictature en puissance et ils n'ont pas d'ordres à donner à la Russie. Je suis désolé, mais les Etats-Unis sont de l'autre côté de l'Atlantique tandis que la Russie c'est chez nous, en Europe! C'est un pays ami et on a une histoire commune. Donc si on veut se mettre contre la Russie, de toute façon, on a tout à perdre. Parlons, à titre d'exemple, des sanctions. Qui c'est qui a maintenant des problèmes? C'est les Français! Je vous assure que j'ai des amis agriculteurs qui n'attendent qu'une chose: que les sanctions sautent pour qu'ils puissent faire démarrer leur business avec la Russie. Et je leur ai dit: Mais levez-vous donc contre ces deux ou trois alcoolos à Bruxelles qui dirigent tout! Je n'ai aucun respect pour ces gens-là qui se la coulent douce dans le luxe tandis que nos agriculteurs gagnent trois fois rien par mois: 200 euros quand on déduit les taxes! Quand vous regardez le salaire des parlementaires européens à Bruxelles et même celui de leurs assistants que ce soit les partis de la droite, de la gauche et même du FN, je suis désolé - c'est du pareil au même! Ils touchent tous des sommes pharaoniques pour faire du bavardage! Il n'y a pas d'action; ils ne vont pas sur le terrain; ils ne font rien! Ils ont même peur de se rendre en Crimée parce que c'est trop sulfureux! Il est sûr que si l'on marche comme ça, le résultat sera nul. C'est pour ça d'ailleurs que je respecte le président Poutine qui prend des positions qui sont bonnes contre le monde entier. Sur la guerre en Syrie, par exemple! Parce que si Poutine n'était pas là, on aurait tué tout le monde comme d'habitude! Bachar el-Assad est loin d'être démocrate, mais s'il tombe demain, ce serait un feu d'artifice monstrueux!

- La Troisième Guerre Mondiale!

P.M. C'est ça! Et puis Poutine ne combat pas là-bas pour ses intérêts! Il fait ça pour l'humanité! Je suis désolé, mais il faut appeler un chat un chat. Je supporte ses décisions internationales que je trouve parfaites. Appelez-moi le fils de Poutine si vous voulez, je m'en fiche, ce sera même un plaisir, mais je vais continuer à le supporter!

- Au moins vous avez un facteur dénominateur en commun avec le président russe parce que vous aussi, vous vous pensez en gaullien. A mon sens, Poutine aurait une vision gaullienne de l'Europe: il la conçoit comme un ensemble allant de la France - et point à partir de l'Angleterre - jusqu'à l'Oural. C'est un peu les limites géographiques du continent à cette latitude.

P.M. Mais c'est bien Jean-Marie Le Pen qui a dit: "L'Europe, ça va de Brest en France à Vladivostok!" Et je suis allé d'une ville à l'autre. Et j'ai vu ce que c'était que l'Europe. Et puis le président Poutine a un énorme respect pour la France. Pour lui, la France est un pays ami. Je vous assure qu'eux là-bas, en Russie, ils aiment la France! Quand vous dites que vous êtes Français, vous le sentez immédiatement. Il y a toute une culture française gastronomique, il y a l'histoire, l'architecture, la musique, la littérature - tout! Alors que vous pouvez venir d'Angleterre ou d'un autre pays du G7 sans sentir le même intérêt de la population locale pour votre pays d'origine. Alors que la France est considérée comme un pays-ami! Je ne vois pas pourquoi on ne renouerait pas nos contacts... On l'a eu pendant la Première Guerre Mondiale. Même Napoléon est respecté ici parce que l'on sait très bien que c'était une guerre chevaleresque. Il occupa Moscou, mais on ne lui en veut pas parce qu'il se brouilla avec le Tsar. Il y a donc toute une couche d'histoire commune. Alors pourquoi depuis 20 ans, depuis l'arrivée du président Poutine et surtout l'Union Européenne, pourquoi donc est-on en train de tout détruire? J'espère que les Français et les Russes me comprendront: ce n'est pas 5 ou 6 dirigeants dans leurs fauteuils moëlleux qui vont diriger l'opinion des gens. Je suis assez serein et je pense que l'on va dans le bon sens tout en espérant que ça va continuer.

- Voulez-vous recontrer Vladimir Poutine de nouveau?

P.M. On ne s'est pas encore donné rendez-vous, mais je ferai de mon mieux pour pouvoir le rencontrer un peu plus longuement. Pour ce faire, il faut que je travaille sur d'autres projets et justement j'en ai un derrière la tête dont la réalisation est prévue pour mars 2018. Mais chut! Je pense qu'il y a un moyen de pouvoir le rencontrer parce que ça promet d'être un très gros projet! Mais je n'en parle pas davantage.

 

Interview réalisée et propos recueillis par Alexandre Artamonov, Interaffairs.ru

    

Ronald Zonca est un vrai diplomate, un bâtisseur des ponts reliant les notions culturelles et cultuelles. Cet ancien militaire de carrière, devenu journaliste chrétien, a pris racine en Crimée et s'est marié avec une Russe. L'union mixte a donné naissance à un bébé franco-russe qui marque, pour son père, un tournant décisif dans sa vie. Désormais il réfléchit beaucoup à la Patrie de son fils devenue une terre d'accueil pour lui-même. Et, pour rendre hommage à la Russie qu'il aime tant, il décide de se lancer dans un grand projet de création du Chemin des Pèlerins, à l'instar de celui du fameux Saint-Jacques de Compostelle. Pour Zonca, la Russie a réussi le pari de l'alliance du monde nouveau et de la pratique chrétienne orthodoxe qu'il croit être la plus proche de l'Eglise primitive des temps de l'Apôtre Saint-Paul.

Alors, son chemin des Pèlerins doit s'étaler sur toute la côte méridionale de la Péninsule allant du pont de Kertch (en chantier) jusqu'à Sébastopol où Saint-Vladimir, ce Clovis russe, se fit baptiser la veille de l'an mille. Le chemin permettrait à tous les assoiffés de l'histoire, religion et culture russes de connaître mieux la Crimée, climatiquement très proche  de la Provence, et apprendre un pays restant toujours inconnu et mystérieux pour la plupart de Français.

Le voyage pédestre ne saurait dépasser une vingtaine de jours et ne coûterait que quelques 20.00 roubles (à peu près 300 euros). Un smartphone serait remis à chaque pélerin. Doté d'une balise GPS, il permettrait de localiser le voyageur pour le secourir en cas de besoin. Un programme spécial tout en images et avec une bande d'enregistrement audio permettra de suivre le tracé et découvrir l'historique des lieux visités. Le projet est déjà en phase de sa réalisation, mais Ronald entend réveiller aussi l'intérêt des investisseurs privés tout en tablant sur le soutien au niveau fédéral et régional russe. l'Eglise Orthodoxe et le Vatican pourraient également le rejoindre pour montrer le chemin à leurs ouailles. 

 

    

Ces dernières années, de plus en plus, il a commencé à sonder l'opinion sur la nécessité de regagner le terrain perdu à Moscou sur le continent africain. La Russie et l'Afrique, en dépit de la distance géographique, est associée décennie de liens politiques, économiques et culturels forts. En outre, en Afrique de développer activement des projets d'intégration qui aident à augmenter le poids du continent dans le monde et les rendre plus attrayants pour la Russie. République centrafricaine (RCA) en 2012, en situation de conflit interne pour des motifs religieux, qui est accompagné par des victimes civiles, et qui a également provoqué l'apparition d'un grand nombre de réfugiés. Néanmoins, un certain nombre de mesures prises par les nationaux et internationaux, permettra au pays d'atteindre une stabilisation substantielle de la situation. Nous avons demandé à l'Ambassadeur de la République centrafricaine à Moscou, M. Claude Bezo parler de la situation actuelle en République, ainsi que les relations bilatérales avec la Russie.

«La Vie internationale»: Monsieur l'Ambassadeur, en Mars 2016, le nouveau président de la République Centrafricaine Faustin-Archange Touadéra a pris ses fonctions. Cet événement a marqué la fin de la période dite de transition en RCA. Cependant, à la fin l'année des affrontements  entre les factions en guerre a repris. Dans les medias, les informations fréquentes attestent que les communautés musulmanes et chrétiennes du pays participent à ce conflit. Quelles sont, à votre avis, les raisons du conflit qui a surgi de nouveau en 2013?

Claude Bezo: Les raisons qui ont provoqué le conflit sont, par exemple, la mauvaise répartition des ressources du pays, la gestion clanique du pouvoir ensuite il n'y a aucun plan de développement de la région nord-est de notre pays où la population est en majorité musulmane et, les chrétiens sont au pouvoir depuis l'indépendance de notre pays jusqu'en 2013. Tout cela a provoqué le mécontentement de la population et créé les circonstances qui ont amené cette situation.

«La Vie internationale»: Le Président F.A. Touadéra a fixé un objectif - d'arrêter l'effusion de sang entre musulmans et chrétiens. Quelles sont les mesures concrètes prises par le gouvernement pour améliorer la situation? Pouvez-vous parler des progrès en ce moment?

Claude Bezo: On peut parler de progrès, parce que le gouvernement a mis en place un plan de travail: préparer les cadres des Forces Armées pour une Armée future républicaine et pluriethnique qui peut défendre tous les citoyens. Ensuite il y a le problème que les musulmans ont toujours posé : la légalisation de leurs fêtes religieuses, cela été fait. Il y a également le problème de la poursuite des auteurs de la rébellion. Une solution a été trouvée – on a mis en place le tribunal pénal spécial pour la RCA. Ceci pour lutter contre les assaillants, les rebelles qui ont fait beaucoup des victimes dans notre pays. Il y a un programme qui a été repris : le "DDRR" - démobilisation, désarmement, réadaptation sociale et rapatriement. Toutes ces mesures font que petit à petit la situation se normalise.

«La Vie internationale»: Comment pensez-vous, peut-on maintenir un équilibre entre les intérêts des chrétiens et des musulmans?

Claude Bezo: Pour maintenir la balance il faut respecter le droit des minorités nationales, par exemple les droits des musulmans à leur fêtes religieuses et ensuite il faudra que le gouvernement mène une politique de juste répartition des postes politiques et je pense que cela peut aboutir à rétablir l'équilibre.

«La Vie internationale»: Comme vous le savez, le Conseil de sécurité de l'ONU et l'Union Africaine ont aidé votre pays à surmonter la crise. Quelles sont les mesures prises à cette fin?

Claude Bezo: Ces organisations internationales ont pris des mesures dans les domaines juridiques, militaires et financiers. Dans le domaine juridique, le Conseil de sécurité pris la résolution 2127 concernant l’embargo ou l’interdiction d'entrée des armes sur le territoire centrafricain et en même temps des mesures de poursuite à l’encontre de ceux qui soutiennent les groupes rebelles. Le Conseil a adopté la résolution 2149 pour la création du tribunal pénal spécial. Dans le domaine militaire le Conseil a décidé de l’envoi en Centrafrique des troupes françaises, des troupes des Nations unies, des troupes de l'Union Européenne et des troupes de l'Union africaine pour mettre fin à ce conflit.

«La Vie internationale»: Comment la population de la République a-t-elle accueilli la mission de maintien de la paix des Nations Unies?

Claude Bezo: La population a bien accueilli la mission, parce qu’elle est venue la protéger contre les agresseurs.

«La Vie internationale»: Monsieur l'Ambassadeur, en Octobre l'année dernière, le ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian a déclaré la fin de l'opération militaire "Sangaris", qui a duré deux ans et demi. Comment évaluez-vous les résultats? Quels sont les risques après le retrait de la mission française de maintien de la paix?

Claude Bezo: On apprécie la juste valeur de la mission, parce que L'opération Sangaris a préparé le terrain pour la descente des autres forces internationales. Alors, ils ont travaillé ensemble pendant deux ans et demi, je crois que le retrait de la force Sangaris ne va pas beaucoup influencer parce que les autres forces connaissent le terrain et continuer à travailler jusqu'au rétablissement de la nouvelle Armée Centrafricaine.

«La Vie internationale»: En ce qui concerne nos relations bilatérales, selon de votre point de vue, leur activation est-elle possible entre la République centrafricaine et la Fédération de Russie - à la fois dans les sphères économiques et politiques? Quelles sont les mesures qui pourraient être prises à cette fin?

Claude Bezo: Il est nécessaire et urgent d'intensifier les relations entre la République Centrafricaine et la Fédération de Russie dans les domaines économique, politique, culturel et autres. Dans ce but, on doit mener des pourparlers, échanger les points de vue, ensuite examiner les problèmes de l’heure et avoir un point de vue commun relatif à la lutte contre le terrorisme, le désarmement et le maintien de la paix. Il est important d’élaborer de nouveaux textes et de signer de nouveaux accords sur les questions touchant les intérêts des deux pays.

«La Vie internationale»: Maintenant le programme à voir a trait à la formation et à l'emploi des étudiants étrangers organisé par l’Université russe de l’amitié des peuples (URAP) qui gagne en popularité. Y’ a-t-il un intérêt pour l’enseignement russe en RCA?

Claude Bezo: Je crois que la République Centrafricaine apprécie à sa juste valeur la formation des cadres en Russie parce que bien avant beaucoup de cadres centrafricains ont été formés en Union Soviétique et aujourd'hui la Russie reste encore une grande puissance dans le domaine d'éducation. Notre Etat a tout intérêt à envoyer beaucoup d'étudiants faire leurs études en Fédération de Russie.

«La Vie internationale»: Monsieur l'Ambassadeur, quels sont les principaux objectifs et les tâches de la politique étrangère de la République centrafricaine au stade actuel?

Claude Bezo: Comme objectif un – le principe du respect des accords signés par le gouvernement dans les domaines internationaux avec les autres Etats. Ensuite, la lutte contre le terrorisme international et le respect des droits de l’homme. Il est très important d’assurer la paix sur tout le territoire de la RCA. L'Etat doit revoir les structures sanitaires de la population. Il faut restaurer également l'économie nationale et résoudre le problème de chômage des jeunes.

«La Vie internationale»: Je vous remercie, Monsieur l'Ambassadeur, pour cette entrevue intéressante!

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