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ACTUALITÉS, FAITS, COMMENTAIRES

 

Le roi d’Arabie saoudite Salmane ben Abdelaziz Al Saoud a visité Moscou début octobre. La visite a été préparée pendant près de deux ans et a été reportée non pas par la faute de la partie russe. La presse saoudienne a qualifié la visite d’« historique » ayant affirmé qu’elle devait « mettre les points sur les « i » dans les problèmes politiques, économiques et stratégiques liées au problème syrien, au marché du pétrole et au rapprochement militaire de la Russie et de l’Arabie saoudite et à la coopération dans l’énergie nucléaire (cité d’après inosmi.ru). Les observateurs russes se sont montrés, en règle générale, plus réservés. 

Rappelons que les relations diplomatiques entre les deux pays ont été rétablies en 1991, mais le rapprochement réel s’est ébauché au début des années 2000 après la réconciliation en Tchétchénie. Depuis ce moment les parties se sont de temps en temps montrées disposées à élever le niveau de coopération, mais ce n’étaient que des déclarations.  

Dans le même temps, il y a des tendances positives sur un volet : le Pacte global sur la réduc tion de l’extraction du pétrole qui devient ces derniers temps meilleur marché a été adopté grâce pour une large part aux efforts de Moscou et de Riyad. Nos intérêts y ont sans aucun doute coïncidé. Les parties se sont montrées prêtes à l’issue des pourparlers à Moscou à « proroger » si nécessaire la validité des ententes en vertu du Pacte, ce qui est parfaitement logique.

Les parties ont signé plusieurs accords dans l’économie : de coopération dans l’énergie nucléaire, les hautes technologies, le raffinage du pétrole, les transports, les finances, notamment entre le Fonds russe des investissements directs et le Fonds souverain de l’Arabie saoudite. Il ne faut pas oublier qu’en Orient la signature des accords est considérée le plus souvent comme l’expression des intentions d’appliquer les ententes plutôt que comme l’engagement à les realiser. 

Les contrats, les mémorandums et les « acords préalables » de coopération dans la sphère militaro-technique ont eu une grande résonnance : il a été question de la vente de systèmes antichars, de lance-grenades, de la concstruction en Arabie saoudite d’une usine de production d’armes d’infanterie : pour 3,5 milliards de dollars. Les parties ont envisagé la vente des célèbres missiles S-400 Triumph. Selon le chef de la compagnie « Rostech » Serguei Tchemesov : « Les Saoudiens ont dit que le contrat entrera en vigueur si nous leur transférons une partie des technologies et lançons la production sur le territoire du Rouyaume ». OnnesaitpassilaRussielacceptera. Qui plus est, selon Tchemesov, « nous avons signé il y a cinq ans les contrats évlués à 20 milliards de dollars, mais  à quoi bon si ce ne sont que des intentions ? Riyadnarienacheté. Si nous appelons les choses par leurs noms, les Saoudiens ont joué avec nous en disant : ne livrez pas les systèmes de DCA S-300 à l’Iran et nous achèterons  vos armes : les chars, etc.». (https://lenta.ru/news/2017/07/10/saudi/)

On n’est pas pour le moment fondé d’affirmer que le jeu est terminé. L’armée saoudienne est dotée d’armes américaines, britanniques et françaises de pointe.  Il est insensé de la réarmer, d’autant plus que le contrat record de livraison d’armements pour plus de 100 milliards de dollars a été récemment signé avec Trump. Les Saoudiens ne feront rien, à l’istar de la Turquie, pour contrarier l’Occident : les relations entre Riyad, d’une part, et Washington et Bruxelles, de l’autre, ne sont pas sereines (de telles relations n’existent, d’ailleurs, pas), c’est une sorte de « partenariat stratégique ».

Malheureusement, une nouvelle vague de confrontation interconfessionnelle entre les sunnites et les chiites personifiés par l’Arabie saoudite et l’Iran prend de l’ampleur au Proche-Orient. C’est l’Iran qui s’est emparé aujourd’hui d’initiative et renforce son influence en Syrie, en Irak, au Yémen, au Liban (par le biais du Hezbollah) et même dans le Golfe : au Qatar que ses voisins ne l’aiment pas. Bahrein chiite est situé non loin du Qatar et beaucoup de chiites habitent dans le Royaume. 

Le roi saoudien a critiqué ouvertement Téhéran à Moscou et le sujet iranien a été parmi les principaux à l’agenda des pourparlers lié à la politique étrangère. Les groupes « prosaoudiens » en Syrie évincés par les troupes syriennes, iraniennes et russes ainsi que par les forces contrôlées par Téhéran et Ankara cèdent de plus en plus leurs positions. Le Royaume devient de moins en moins influent dans la région. Le leitmotiv de la position de Riyad est donc le suivant : « Nous achetons vos armes à condition que vous ne les vendiez pas à l’Iran ». La dyanstie au pouvoir peut se permettre, malgré certains problèmes économiques de ces derniers temps, de dépenser plusieurs milliards de dollars en achetant les armes pourvu qu’elles ne tombent pas entre les mains du rival. En plus de l’argent, il existe des dividendes politiques et, par conséquent, d’éventuels contrats avec les Etats de la région. Les médias saoudiens ont souligné à juste titre à la veille de la visite que l’amélioration des relations avec Riyad se répercutera positivement sur les relations de Moscou avec plusieurs pays de la région. 

Il est clair que tout accord sur la Syrie sans entente avec les monarchies du Golfe (plus précisément : l’Arabie saoudite) sont difficiles à réaliser et promettent de nouveaux c onflits. De ce fait, la visite du gardien des deux lieux saints en Russie est très importante. Elle traduit la reconnaissance de notre pays en tant qu’acteur substantiel au Proche-Orient même de la part de Riyad et ouvre devant Moscou une nouvelle fenêtre des possibilités. Pourquoi ne pas essayer d’intervenir en médiateur dans le règlement du conflit entre l’Arabie saoudite et l’Iran ? Une telle mission n’offensera personne : les négociateurs sont respectés en Orient, et l’éventuel succès sera précieux.  

 

La déclaration de Faysal Dj Abbas, rédacteur en chef du journal saoudien Arab News confirme que la Russie peut prétendre à ce rôle:  «Nous ne saurons ne pas prendre en considération que la Russie est devenue l’acteur clé au Proche-Orient grâce, en particulier, à la doctrine d’Obama ayant réduit le rôle des Etats-Unis dans la région au minimum. La Russie avec son potentiel financier et militaire fait partie de cette équation ».  

 

vendredi, 03 novembre 2017 13:26

Russie-Iran : risques et perspectives

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La  visite du président de la Russie Vladimir Poutine en Iran qui s’est terminée le 1er novembre a eu deux aspects clés : géopolitique et économique. Les deux aspects sont interdépendants, mais les signaux donnés ont les destinataires concrets. Il convient d’examiner le contenu politique de l’approfondissement des relations entre Moscou et Téhéran dans le contexte de l’évolution de la situation autour de la Syrie et de l’Irak et de l’opposition à la politique des Etats-Unis alors qu’au plan économique le vecteur de la coopération est plutôt orienté vers l’Est : vers le Pakistan, l’Inde et la Chine.

Le renforcement des positions de Moscou et de Téhéran dans la région du Grand Proche-Orient, pour reprendre la formule américaine connue, ainsi que dans le contexte du règlement des crises régionales est l’aspect géopolitique clé de la coopération russo-iranienne. Pour la Russie, c’est en premier lieu la Syrie et dans une moindre mesure l’Irak. En plus des pays susmentionnés, l’Iran attribue une importance particulière à l’évolution de la situation au Yémen et au Bahreïn où Téhéran est en état de guerre indirecte contre l’Arabie saoudite et ses alliés proches au sein du Conseil de coopération des Etats arabes du Golfe (CCEAG).

En ce qui concerne l’importance de la coopération russo-iranienne dans le règlement de la crise syrienne, le président iranien Hassan Rouhani a signalé l’élargissement du format grâce à la participation de la Turquie. « Il nous est très agréable qu’en plus du développement des relations bilatérales, nos pays jouent un rôle important dans l’établissement de la paix et de la stabilité dans la région. L’écrasement du groupe de terroristes des plus dangereux est une des conséquences de nos relations. Le développement de la coopération tripartite en format Russie-Iran-Turquie confirme que la Syrie avance vers le rétablissement de la paix et de la stabilité dans le pays », a souligné le président iranien. (kremlin.ru)

Plusieurs médias occidentaux s’expriment encore plus sincèrement en commentant la visite du président russe Vladimir Poutine en Iran. « La guerre en Syrie a deux vainqueurs et demi : les Russes avec à leur tête le président Vladimir Poutine, les Iraniens dirigés par Hassan Rouhani et le chef de l’Etat syrien Bashar al-Assad – en tant que demi-partie », souligne, en particulier, le journal allemand Die Welt. [welt.de]

On pourrait contester les évaluations arithmétiques de l’édition allemande, mais le rôle décisif de la Russie et de l’Iran dans la défaite militaire de Daech et d’autres groupes terroristes en Syrie n’est pas à douter tout comme le rôle politique de la coopération avec la Turquie au « format d’Astana » du règlement. 

La Turquie n’était pas représentée aux pourparlers russo-iraniens à Téhéran, mais le président azerbaidjanais Ilkham Aliev ayant participé au sommet tripartite avec ses homologues Vladimir Poutine et Hassan Rouhani en a été le représentant indirect. « En plus de la coopération économique, il a été question de la coopération régionale, du format tripartie de coopération entre l’Iran, la Russie et la Turquie sur ce volet », a dit le président iranien en dressant le bilan des pourparlers tripartites: «Les trois pays ont réaffirmé à ce sommet la nécessité de la stabilité régionale, de la lutte contre le terrorisme, de la lutte contre le narcotrafic illégal et le crime organisé ». (kremlin.ru)

«La coopération tripartite est parfaitement logique, nos peuples sont unis par l’histoire et la géographie commune. Nos peuples ont été des siècles durant en  contact étroit. Le format de coopération tripartite a une grande importance pour la sécurité régionale. A mon avis, notre coopération efficace joue un grand rôle dans la garantie de la stabilité et de la sécurité dans la région », a souligné, à son tour, Ilkham Aliev.

Néanmoins, en ce qui concerne l’intensification de la coopération entre la Russie et l’Iran il ne faut pas sous-estimer les intérêts et les buts objectivement différents de Moscou et de Téhéran. La partie iranienne considère une telle coopération, en premier lieu militaro-politique, comme un moyen de consolider ses positions dans la région et d’exercer la pression sur les Etats-Unis en profitant, notamment, des contradictions russo-américaines. Le leader spirituel iranien l’ayatollah Ali Khamenei a exhorté Moscou et Téhéran à coordonner leurs actes sur l’échiquier international pour « isoler les Etats-Unis ». « Le règlement complet de la crise syrienne prescrit une coopération plus intense entre l’Iran et la Russie. Elle permettrait d’isoler l’Amérique et de rétablir la stabilité dans la région », a déclaré Ali Khamenei(rbc.ru)

Une telle approche ne correspond pas, semble-t-il, au contenu plus vaste et profond des priorités de la Russie en politique étrangère.  Moscou devrait maintenir l’équilibre entre l’approfondissement de la coopération avec Téhéran et la prise en considération des intérêts des autres partenaires tant au Proche-Orient et dans le Golfe qu’en Europe. L’entretien téléphonique des président russe et français Vladimir Poutine et Emmanuel Macron qui a eu lieu à l’initiative de la partie française le lendemain de l’achèvement des pourparlers russo-iraniens a une très grande importance. Les dirigeants des deux pays « se sont prononcés en faveur de la réalisation du Plan d’action global conjoint de règlement de la situation autour du programme nucléaire iranien » et ont signalé l’inadmissibilité de réviser unilatéralement cette entente cruciale » contrairement à l’appel du président des Etats-Unis Donald Trump. (kremlin.ru)

L’aspect économique de la visite de Vladimir Poutine à Téhéran est non moins important. Les compagnies « Gazprom » et « Rosneft » ayant participé aux pourparlers russo-iraniens se sont entendues sur des contrats multimilliardaires. Selon le ministre russe de l’Energie, Alexandre Novak, la Russie et l’Iran sont prêts à signer le mémorandum de compréhension mutuelle en vertu duquel « Gazprom » construira un secteur du gazoduc reliant l’Iran à l’Inde long de près de 1200 kilomètres. UnepartiedugazoducpasseradanslefondduGolfe. Les gisements seront prospectés avec la participation de « Gazprom » sur le territoire iranien et l’infrastructure sera aménagée pour les livraisons de gaz à l’Inde », a fait savoir Alexandre Novak. Selon lui, il est possible que la construction du gazoduc soit engagée dès 2019. Lescompagniesindiennesetpakistanaisesparticipentauprojet. D’après une variante, le gazoduc passera via les régions centrales du Pakistan. (vedomosti.ru)

Si le projet est réalisé, il est possible que le gazoduc s’étende sur plus de 2100 kilomèttes et sa capacité de production atteigne 22 milliards de mètres cube de gaz par an et puisse être accrue. Le projet est fondé sur les ressources des gisements du plateau continental iranien dans le nord du Golfe, y compris Farzad-A, Farzad-B, Kish и North Pars. 

La formation de l’« axe » gazier : Russie, Iran, Pakistan et Inde est un facteur loin au-delà des frontières de la région d’Asie de l’Ouest et du Sud. Moscou et Téhéran sont les garants de la coopération entre deux puissances nucléaires qui ont été plus d’une fois en état de guerre au XXe siècle et les relations entre elles demeurent  compliquées. La partie pakistanaise accuse Moscou d’intensification de la coopération militaro-technique avec New Delhi. L’Inde est en fait un des partenaires clés de la Russie dans la sphère militaro-technique. En 2016 ce pays a détenu le leadership d’après l’ampleur des importations d’armements russes avec les livraisons réalisées pour un montant de plus de 1,2 milliard de dollars ayant dévancé considérablement la Chine, l’Algérie et le Vietnam. Dans ce contexte le futur gazoduc sera sans aucun doute le facteur substantiel de l’éventuelle amélioration des relations entre ces pays. (rbc.ru)

Ainsi, la coopération énergétique et l’aménagement d’un « pont » gazier reliant l’Iran via le Pakistan à l’Inde est susceptible d’éliminer les déviations qui préoccupent Islamabad. 

La compagnie « Rosneft » a des projets non moins sérieux en Iran et dans l’est de ce pays. Les représentants de la compagnie ont signé pendant la visite d’une délégaton présidentielle à Téhéran la feuille de route de la coopération bipartite avec National Iranian Oil Company (NIOC) supposant les efforts réunis dans la mise en œuvre des projets conjoints évalués au total à près de 30 milliards de dollars. Selon le directeur exécutif principal de « Rosnneft » Igor Setchine, la coopération avec sa compagnie permettra à l’Iran d’accroître l’extraction du pétrole de 55 millions de tonnes par an, soit d’un quart par rapport à l’indice actuel (216,4 millions de donnes en 2016). L’accord signé crée « une plateforme pour une coopération stratégique ». Les parties pourront signer pendant l’année plusieurs documents sur la réalisation des projets conrets, a souligné Igor Setchine. (rbc.ru)

La  coopération russo-iranienne dans l’extraction du pétrole a un aspect régional important. D’après les informations, le pétrole iranien pour être livré à la raffinerie récemment acquise par « Rosneft » dans le port indien Vadinar, au bord de la mer d’Aravie où pourra également être livré le pétrole du Venezuela en vertu des contracts de « Rosneft » avec la compagnie vénésuélienne PDVSA.

Les gros exportateurs de ressources énergétiques : Russie et Iran « sont intéressés à promouvoir la coopération dans ce domaine, surtout dans le contexte des sanctions des Etats-Unis et de l’UE à l’égard des deux pays », souligne l’expert de l’Université de Téhéran Mohammad Marandi. Selon lui, le potentiel de coopération entre Moscou et l’Iran dans ce domaine est immense : « On peut beaucoup faire dans le développement de l’industrie iranienne du pétrole et du gaz ». Qui plus est, l’Iran a donné officiellement le départ à la veille du sommet de Téhéran, le 31 octobre, à la construction de la deuxième unité de la centrale nucléaire Bushehr avec la participation de la corporation d’Etat russe « Rosatom ». (rbc.ru)

Dans l’aspect économique de la coopération avec l’Iran il faut évaluer d’éventuels risques. Premièrement, comme il a été indiqué, le président américain Donald Trump a menacé à la mi-octobre de retirer le pays de l’accord sur le programme nucléaire iranien si les autres signataires refusent de réviser les paramètres du document compte tenu des intérêts de Washington. Cette démarche signifiera la reprise des sanctions à l’égard de l’Iran de la part des Etats-Unis qui se répandront le plus probablement sur les pays et les compagnies qui poursuivront la coopération avec Téhéran.

Deuxièmement, en développant les liens avec l’Iran, notamment dans l’économie, la Russie devrait maintenir l’intérêt croissant à coopérer avec elle des Etats du Golfe, en premier lieu de l’Arabie saoudite, du Qatar prétendant à plusieurs gisements sur le plateau continental iranien et des Emirats arabes unis.

 

Moscou a une possibilité unique de développer les relations tant avec Téhéran qu’avec Riyad et d’autres pays du CCEAG compte tenu des divergences entre eux. Une telle situation peut assurer à la Russie des dividendes supplémentaires tant politiques qu’économiques.

 

 

La proclamation (suivie immédiatement d’une suspension – « pour négocier ») de l’indépendance de l’une des communautés autonomes d’Espagne, la Catalogne, a fait resurgir des vives discussions entre experts et hommes politiques (les indépendantistes catalans ont fixé la tenue d’une réunion clé au parlement au jeudi 26 octobre, rapporte l’AFP citant un porte-parole de la coalition indépendantiste catalane).newsru.com

La question est aussi vieille que la paix de Westphalie : quelle est la corrélation entre le droit des peuples à l’autodétermination et le principe de l’intégrité territoriale de l’Etat ? Et dans quelle mesure est-il possible de projeter les événements en Catalogne sur l’avenir de l’Union européenne en général ?    

L’idée de ce que l’un des principaux objectifs stratégiques de l’Union européenne consiste à surmonter les traditions du nationalisme européen héritées du passé, était toujours populaire parmi les partisans de l’intégration européenne. Cependant la réaction de l’UE à la chute de l’URSS et de la Yougoslavie qui est la reconnaissance quasiment sans appel (voire même séditieusement précipitée selon les critiques) de l’indépendance de la majorité (à l’exception du seul Kosovo[i]) de nouvelles entités étatiques, a fait penser les partisans de l’indépendance régionale à l’intérieur des « anciens » de l’UE que l’adhésion directe à l’UE aurait été le meilleur moyen de résoudre tous les problèmes qui s’étaient accumulés dans les relations avec les gouvernementaux centraux.

Ce point de vue a ses points forts puisque l’UE offre à ses membres un vaste et large marché intérieur, une participation à un des plus meilleurs blocs du commerce international, des instituts développés pour la mise en œuvre des missions de sécurité intérieure et de protection des intérêts diplomatiques primaires. Ces conditions initiales qui en apparence semblent si avantageux, sont assez tentantes pour tout un nombre de territoires à l’intérieur de l’UE où la confrontation est « véritablement sérieuse et historiquement justifiée ». La Flandre au nord de la Belgique ; la Corse en France ; l’Ecosse, l’Irlande du Nord et le pays de Galles ; le Tyrol du Sud situé en Italie à la frontière avec l’Autriche – il n’y a pas de tendances séparatistes à proprement parler mais il y a une histoire qui peut être réveillée ; la Lombardie en Italie[ii] ; et bien sûr le Pays basque[iii].

Les sceptiques qui se doutent de la viabilité de la stratégie européenne visant à renforcer davantage l’intégration, disent que le brexit ne sera que le premier signe précurseur de l’inévitable transformation de l’UE en fédération des régions. La sortie du Royaume Uni de l’UE a des grandes chances de conduire à la séparation de l’Ecosse dont l’adhésion accélérée à l’UE (ce qui est la réponse la plus forte dont trop « séduisante » à la « trahison » de la part de Londres) relancera inévitablement le processus de régionalisation dans de nombreux Etats membres de l’Union européenne. Comme résultat le morcellement territorial (la « balkanisation ») de l’UE commencera au plus tard dans les années 2020 lorsque des dizaines de nations subeuropéennes feront recours à des mécanismes et institutions de l’UE pour leur autodétermination et la construction de leur propre agentivité, formellement étatique mais à l’essence paneuropéenne. Outre les territoires mentionnés à l’alinéa précédent, cette voie pourrait être également choisie par la Bretagne, l’Alsace, la Frise – une région historique sur le littoral de la mer du Nord entre les Pays-Bas et le Danemark – la Galicie, la Cornouailles et l’île de Man[iv].

Propre à l’ensemble de néo-indépendantistes européens, la volonté de sortir de la juridiction de l’Etat national mais en aucun cas de celle de l’Union européenne, constituerait un argument de taille en faveur de ce scénario. En manifestant cette volonté les néo-indépendantistes se réfèrent en fait à une conception de développement de l’Union européenne qui serait, selon un nombre d’experts, une des plus intéressantes, à savoir la fédéralisation intégrale de l’UE. Les technocrates européens auront plus de mal à contrer ce genre d’idées puisqu’il est beaucoup plus facile de mettre en place un véritable gouvernement européen, si les sujets-membres sont un conglomérat d’entités étatiques à peu près homogènes en termes de population et de potentiel économique où il n’y a pas de leaders ou de marginaux notoires. Une telle situation a pour l’effet de conférer à la Commission européenne un poids politique totalement différent. Les partisans de la fédéralisation de l’Europe doivent donc saluer l’affaiblissement des Etats nationaux qui seul permettra de s’avancer sur la voie de l’intégration européenne. (Avec cela les fédéralistes occupant des fonctions officielles dans des institutions européennes se retrouvent dans une situation particulièrement délicate. En public ils sont contraints de défendre l’intégrité territoriale de l’Espagne ne serait-ce qu’en raison des conséquences géopolitiques de la désintégration de celle-ci qui sont absolument imprévisibles).

Le débat même sur l’avenir de l’UE, le clash des approches concernant une nouvelle étape de la réalisation du projet de l’Europe réunie, engendre ainsi une nouvelle vague de tendances indépendantistes. Le cas de la Catalogne a mis en exergue les contradictions existantes entre les partisans de la poursuite de l’intégration de l’UE sur les principes de la globalisation et les adeptes de la sauvegarde d’une large autonomie politique des Etats membres souverains. Quelle voie choisir : l’Europe des nations, l’Europe des régions ou une vraie fédération européenne ?

La différence d’interprétation des normes du droit international contribue à brouiller la question. Ces normes ne prévoient notamment pas la possibilité pour les territoires d’un Etat de devenir indépendants à l’exception des cas où les deux parties sont d’accord. En droit international une partie de la population à l’intérieur d’un Etat-nation, même si elle est porteuse d’une certaine identité nationale, n’est pas un peuple qui pourrait faire recours au droit à l’autodétermination, font remarquer les juristes allemands. Selon le droit international les Albanais du Kosovo ne constituent donc pas un peuple à part[v].

La majorité des pays de l’UE ont pourtant reconnu le Kosovo en tant qu’Etat indépendant. Mais dans le cas de la Catalogne la Commission européenne a préféré de prendre une position qui, selon les critiques, est en contradiction avec ses prises de positions sur les situations similaires à l’étranger. Cependant, l’histoire montre que tôt ou tard les communautés sociales animées par le sentiment de leur singularité nationale, prennent le dessus dans la lutte contre l’entité étatique qui freine leur élan. Après quoi le droit international et les institutions européennes n’ont pas de difficultés à s’adapter à une nouvelle réalité[vi]. On se demande jusqu’à quand la Commission européenne et les gouvernements nationaux pourront se convaincre et convaincre les autres que l’opinion pour le moins de la moitié des Catalans est à mettre à l’écart ?

Avec cela la réaction aussi bien des dirigeants de l’UE que des Etats membres sur la crise catalane serait aujourd’hui de loin le meilleur moyen pour contrer la « balkanisation ». La passivité de l’establishment européen c’est-à-dire l’absence presque totale de toute réaction aux demandes de médiation extérieure formulées par Barcelone, contribue à la pérennisation de l’incertitude entre Madrid et le gouvernement catalan. La coalition politique en faveur de l’indépendance s’effrite en accumulant rapidement des contractions idéologiques et tactiques. Entretemps de plus en plus de structures commerciales présentes en Catalogne, annoncent la relocalisation de leurs sièges et leurs principaux flux financiers en privant les indépendantistes d’un des piliers de leurs revendications, celui économico-financier.

De façon générale, selon l’hebdomadaire britannique The Economist, aujourd’hui les indépendantistes potentiels à l’intérieur des Etats membres de l’UE n’ont aucune raison à penser que la Commission européenne soit prête à soutenir du moins une seule initiative allant dans ce sens. Le quotidien français Le Monde va plus loin : « Pour chaque Etat membre, l’intérêt du projet européen est clair : avec l’Union, des Etats-nations aux frontières établies ont accepté d’abandonner une partie de leur souveraineté en échange d’une prospérité commune, mais aussi d’une stabilité, notamment de frontières, concomitantes à leur démantèlement pratique », lit-on dans l’article. « Si l’Europe s’avère incapable de garantir la stabilité des frontières (premier signe extérieur de souveraineté) des Etats qui la composent, alors ceux-ci n’auront plus aucun intérêt à faire partie d’un ensemble dont ils sont pourtant les garants. Sans garantie sur le statut de leurs frontières, ils reprendront alors leur souveraineté et c’en sera fini du projet européen»[vii].

Une éventuelle séparation des territoires des Etats membres de l’Union est par ailleurs contestable du point de vue du droit européen. L’article 4 du Traité sur l’UE dispose, que l’Union « respecte  les fonctions essentielles de l'État, notamment celles qui ont pour objet d'assurer son intégrité territoriale ». Malgré tout le « pragmatisme et dynamisme » de l’UE qui a déjà fait ses preuves dans l’art de l’« adaptation à la réalité » Bruxelles a plus d’une fois indiqué que dans le cas de la séparation de l’Espagne la Catalogne n’adhérera d’office à l’UE. « La Catalogne ne pourra pas devenir, le lendemain matin, membre de l’Union européenne », a déclaré le président de la Commission Européenne, Jean-Claude Juncker qui a souligné qu’en cas de la déclaration d’indépendance la Catalogne devra faire une demande d’adhésion. Il est difficile d’imaginer qu’une région de l’Europe réunie qui essayerait de se proclamer Etat souverain, puisse dans ces conditions conserver l’euro ou l’accès au marché intérieur de l’UE. En même temps pour bloquer l’adhésion d’une entité indépendantiste à l’Union européenne il suffira qu’au moins un pays en faisant partie s’oppose à cette adhésion. Il ne fait aucun doute que l’Etat qui est devenu la « victime » de l’indépendantisme, votera contre. Dans le cas de la Catalogne l’Espagne pourrait être soutenue par d’autres Etats craignant que le cas de cette région espagnol crée un précédent [viii].

Est-ce que les Etats étrangers ont la capacité d’exercer une influence considérable sur les tendances indépendantistes à l’intérieur des Etats membres de l’UE ? L’existence même de l’Union européenne fournit la meilleure garantie de l’intégrité territoriale de ses membres, est convaincu The Economist. Il semble cependant que le scénario plus probable est celui qui sera possible en cas de l’échec de la réforme annoncée de l’Union, à savoir le morcellement de l’UE en microrégions aux « différentes vitesses » ou aux orientations diplomatiques et économiques différentes, qui seront composées de plusieurs Etats unifiés par des intérêts similaires. Nous avons déjà eu l’occasion de nous exprimer sur ce genre de craintes qui se renforcent dans les Etats d’Europe occidentale lors de l’analyse de la montée en flèche de l’influence de la Chine dans un nombre de pays d’Europe centrale et orientale.

Quelle attitude doit adopter la Russie à l’égard des revendications d’indépendance de la part des territoires et des peuples ? Même les idéalistes qui appellent à l’action « ne cédant pas » sur les grands principes de la protection du droit des peuples de se disposer d’eux-mêmes, finissent par se dire qu’il est opportun de prendre ce genre de décisions en se fondant sur les intérêts nationaux pragmatiques. « Alors faut-il soutenir ou pas ceux qui insistent sur l’autodétermination et sont prêts aujourd’hui à aller jusqu’à se séparer de leurs Etats ? A cette question il n’existe pas de réponse claire et nette. Lorsque le contexte penche en faveur d’un tel soutien, il faut soutenir. Lorsque le contexte ne s’y prête pas, il faut faire preuve de réserve » [ix].  


[i] Sur 28 Etats membres de l’UE 23 Etats ont reconnu l’indépendance du Kosovo. Celle-ci n’a pas été reconnue par l’Espagne, la Slovaquie, Chypre, la Roumanie et la Grèce.

[ii] Le 22 octobre 2017 la Lombardie et la Vénétie, deux régions italiennes les plus riches situées au nord de l’Italie, ont interrogé leurs populations si celles-ci voulaient plus d’autonomie pour leur région. Selon la BBC, le référendum sur l’autonomie est tout à fait légal en Italie. L’article 116 de la Constitution italienne dispose que les régions peuvent demander plus d’autonomie à Rome. Du reste il ne s’agit pas de l’indépendance de ces régions de l’Italie puisque les référendums portent le caractère consultatif leurs résultats n’ayant pas la force contraignante pour le gouvernement du pays. Cependant leurs résultats positifs permettront aux gouvernements régionaux d’insister sur une plus grande autonomie, en premier lieu, financière.        

[iii] http://www.globalaffairs.ru/redcol/Chto-budet-esli-Kataloniya-provozglasit-nezavisimost-19059

[iv] https://fbreporter.org/2017/10/06/are-you-trying-to-usa-balkanization-of-europe/

[v] http://p.dw.com/p/2lbKn?tw  (Deutsche Welle)

[vi] http://www.eurocontinent.eu/2017/10/catalonia-the-geopolitical-challenges-for-eu/

[vii] https://www.inopressa.ru/article/11Oct2017/lemonde/balkanisation.html

[viii] http://p.dw.com/p/2lbKn?tw  (Deutsche Welle)

 

[ix] https://regnum.ru/news/polit/2332725.html

 

 

Le président des Etats-Unis Donald Trump a rendu publique la nouvelle stratégie à l’égard de l’Iran. Il a fait deux déclarations principales. Premièrement, sur l’inadmissibilité pour les Etats-Unis du Plan d’action global conjoint sur le programme nucléaire iranien signé en 2015. Deuxièmement, sur l’introduction des sanctions contre le Corps des gardiens de la révolution islamique porté sur la Liste des personnes particulières et des personnes interdites mêlées au soutien du terrorisme.

Il convient de noter que le président Trump n’a pas retiré les Etats-Unis du Plan d’action et ne l’a pas dénoncé. Il n’a pas réaffirmé cette fois le respect par l’Iran de l’« accord nucléaire », comme il l’a fait plus d’une fois, a décrété d’envisager la possibilité d’en réviser les clauses et a dit qu’il était possible que la partie américaine s’en retire à tout moment. M. Trump n’a pas précisé les méthodes, les mécanismes, les moyens et les instruments de l’hypothétique dénonciation. Ce n’est pas un document américano-iranien bipartite, c’est le pacte international approuvé et adopté par le Conseil de sécurité de l’Onu.  

Le groupe de conseillers de Trump pour la sécurité nationale a déclaré à la différence de leur chef que l’Iran respectait les clauses de la transaction. C’est une déclaration bien fondée et logique puisque le contrôleur international principal  du programme nucléaire RII-AIEA a confirmé huit fois depuis la conclusion de l’accord « un strict respect par l’Iran de ses engagements pris en vertu du Plan d’action ». Trump n’a jamais eu de prétexte formel pour rompre la transaction.  

Réviser les exigences adressées à l’Iran est autre chose. Or, cela est peu probable. L’Iran s’y oppose résolument. Le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif a déclaré que Téhéran ne procéderait jamais aux pourparlers sur la transaction nucléaire déjà approuvée avec les puissances mondiales.

Le chef de l’Organisation pour l’énergie atomique de l’Iran Ali Akbar Salehi a confirmé, quant à lui, que les clauses du Plan d’action conjoint ne seraient pas révisées et le meilleur moyen consiste à les respecter.

La Russie, la Chine et l’Union européenne ont indiqué également qu’il n’était pas nécessaire de compléter et de finaliser le Plan d’action. Le vice-ministre russe des Affaires étrangères Serguei Riabkov a dit, en particulier : « Il existe un proverbe américain que nos collègues d’outre-Océan emploient souvent dans de tels cas : « Ne répare pas ce qui marche ».

Le Plan d’action s’avère efficace pendant deux ans et demi. L’ancienne Secrétaire d’Etat adjointe américaine et la négociatrice principale de Washington avec les Six médiateurs et l’Iran Wendy Sherman a averti : « Le refus du président de reconnaître la vérité sur l’accord avec l’Iran : qu’il est efficace et qu’il correspond aux intérêts de la sécurité nationale des Etats-Unis aura des conséquences à long terme ».

Et ceci - en particulier pour les Etats-Unis qui se heurteront inévitablement aux défis politiques, liés à l’image du pays et moraux. Tous les participants aux pourparlers nucléaires avec la République islamique d’Iran (excepté les Etats-Unis) soutiennent le Plan d’action et se prononcent pour le conserver en critiquant la position de Trump.

Qui plus est, l’Iran qui ne fait plus l’objet des sanctions est très attrayant pour le business international. Pratiquement tous les pays de l’UE, ainsi que le Japon, la Corée du Sud, la Chine, les pays d’Asie du Sud-Est sont intéressés à développer les relations économiques avec l’Iran et s’opposent à la nouvelle campagne anti-iranienne, aux nouvelles sanctions à l’égard de l’Iran.

Le Plan d’action global conjoint est un document historique très important ayant pour la première fois depuis le début en 1945 de l’ère nucléaire réprimé les ambitions nucléaires d’un pays concret et place son programme nucléaire dans un strict cadre des lois internationales et des critères de l’AIEA. C’est un exemple éloquent de la diplomatie mondiale efficace ayant créé le précédent d’une authentique confiance des parties au nom du maintien du régime de non-prolifération des armes nucléaires. Le Plan d’action peut servir de modèle pour le règlement diplomatique des crises régionales et mondiales.

Fait révélateur : la Grande-Bretagne, l’Allemagne, la France insistent sur l’aspect de non-prolifération nucléaire de la transaction en affirmant qu’elle accomplit sa tâche. Ces pays ont soutenu le Plan d’action et ont exhorté les Etats-Unis à s’abstenir de démarches qui pourraient le saper et saper par là même le régime de non-prolifération des armes nucléaires.

Selon les médias, Londres, Paris et Berlin ont invité Washington à « réfléchir ». Le président français Emmanuel Macron a annoncé sa prochaine visite en Iran et le chef de la diplomatie allemande Sigmar Gabriel a déclaré que la politique de la Maison blanche distançait l’Europe des Etats-Unis en la poussant à se rapprocher avec la Chine et la Russie.  

Le président russe Vladimir Poutine visitera début novembre Téhéran où il aura les pourparlers avec le président de la République islamique Hassan Rouhani. Les parties envisageront sans doute l’avenir du Plan d’action global conjoint. Moscou a réaffirmé son soutien du document international.  

La destruction du Plan d’action de la part des Etats-Unis saperait inévitablement la confiance à l’Amérique et – ce qui est le plus nuisible – envers n’importe quels pourparlers sur les problèmes nucléaires des pays « paranucléaires » aspirant à se doter d’armes nucléaires, en premier lieu de la Corée du Nord et entraînerait en perspective la chute du régime de non-prolifération des armes nucléaires. 

Tout cela rendra les Etats-Unis un pays proscrit qui n’aura aucun droit moral d’inviter aux pourparlers sur de nouvelles transactions nucléaires.

Il n’est pas exclu qu’en comprenant les conséquences de sa décision de sortir du Plan d’action, Trump ne déclare pas irrévocablement sa sortie. Dans la situation politique intérieure compliquée il a déposé le fardeau de responsabilité sur la Congrès. Les congressistes ont 60 jours pour réfléchir et adopter la loi sur la reprise des sanctions vu le refus du président de confirmer le respect par l’Iran de l’accord nucléaire et encore 10 jours pour le vote. Le sort du Plan d’action global conjoint doit être décidé d’ici le 24 décembre. Il y a peu de partisans de la République islamique d’Iran aux Etats-Unis mais il y en a beaucoup d’adversaires de Trump. On ne sait pas comment se comportera le Congrès en décembre. Ce sera un jeu dur comme le football américain.

En engageant une nouvelle campagne anti-iranienne dirigée contre la transaction nucléaire, le président Trump essaie sans doute de provoquer l’Iran au retrait indépendant du Plan d’action. CeseraitlavarianteoptimalepourTrump.

L’Iran poursuit son jeu à lui puisqu’il y a dans le pays beaucoup d’adversaires de l’accord. La lutte acharnée entre l’entourage relativement libéral et réformateur du président Rouhani et ses opposants politiques et économiques s’accentue dans le pays.

Il convient de mentionner parmi eux, en premier lieu, le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) ainsi que les politiciens qui se concentrent autour du rival de Rouhani aux récentes présidentielles : Ebrahim Raisi et les cléricaux radicaux. Le CGRI mérite une attention particulière. C’est une organisation ayant une puissance militaire et économique. En période de sanctions particulièrement dures à l’égard de l’Iran les structures financières du Corps ont réussi à contourner les sanctions en tirant d’immenses  bénéfices. Le CGRI n’était guère intéressé à la levée des sanctions.  

La lutte politique intense se poursuit. Le Plan d’action global conjoint, le programme nucléaire de la République islamique d’Iran dont les Iraniens sont fiers est sans doute au centre de la lutte.

Les activités anti-iraniennes du président Trump font le jeu des adversaires de Hassan Rouhani ayant construit sa carrière présidentielle sur la conclusion de la transaction nucléaire et la levée des sanctions à l’égard de l’Iran. Il a réussi à enregistrer les résultats économiques positifs. Rouhani a dit dans son message du Nouvel An adressé le 20 mars dernier : « Ayant adopté le Plan d’action global conjoint, le peuple iranien a enregistré le résultat escompté : les sanctions sont levées …  les sanctions dans le secteur bancaire, les opérations financières, le pétrole et la pétrochimie, les assurances et les transports – toutes les « sanctions nucléaires » sont levées ce qui a réuni d’excellentes conditions pour les activités économiques de notre peuple ». « Je suis convaincu, a souligné le président Rouhani, que les efforts réunis au sein du pays et une coopération constructive avec le monde permettra à notre économie de s’épanouir et d’évoluer ».

Cestvraimentainsi. En 2013 le PIB a baissé de près de 6% par an alors qu’en 2016 l’économie iranienne a été en croissance de près de 4-6%. La lutte anti-inflation a porté ses fruits : le taux d’inflation a chuté de 40% (estimations non officielles) à près de 10%.

Le Plan d’action global conjoint a fait sortir l’Iran de l’isolement. Des dizaines de chefs d’Etat et de gouvernement ainsi qu’une multitude de délégations économiques ont visité Téhéran ces deux dernières années. D’après les informations, des dizaines de transactions évaluées à des milliards de dollars ont été passées.

Le président Rouhani a déclaré en août dernier en présentant la nouvelle composition du gouvernement au Majlis que le nouveau gouvernement donnerait la priorité au maintien de l’accord sur le programme nucléaire et le protégerait contre les attaques des Etats-Unis. « La tâche la plus importante de notre ministre des Affaires étrangères consiste en premier lieu à maintenir le Plan d’action global et à empêcher les Etats-Unis et nos adversaires de réussir », a souligné Rouhani. « Défendre le Plan d’action signifie faire face aux ennemis de l’Iran », a ajouté le président iranien.

La destruction du Plan d’action voire une tentative de la Maison blanche de le détruire ne feront que renforcer les positions des adversaires du président Rouhani et de son équipe ce qui est lourd de conséquences sérieuses jusqu’au passage forcé de l’Exécutif du président à ses adversaires. Si la situation évolue de cette manière, l’Iran sortira du Plan d’action, l’AIEA sera distancée du contrôle des activités nucléaires de l’Iran ce qui intensifiera le programme nucléaire de la République islamique et fera renaître sa composante militaire.

Un tel scénario provoquera une réaction dure des Etats-Unis, d’Israël, de l’Arabie saoudite ce qui peut engendrer un nouveau conflit armé au Proche-Orient.

La décision de Trump de porter le CGRI sur la liste des groupes terroristes et de le classer dans la même catégorie qu’Al-Qaïda et Daech est non moins dangereuse.

Téhéran s’y est opposé sans tarder. Le chef de la diplomatie iranienne M. Zarif a déclaré que l’Iran y réagirait d’une manière très dure. 

Le commandant en chef du Corps des gardiens de la révolution islamique le général Jafari a laissé, quant à lui, entendre qu’en réponse aux accusations de Trump le Corps considérerait l’armée des Etats-Unis comme un groupe terroriste et en fera, à l’instar de Daech, sa cible partout dans le monde, en premier lieu au Proche-Orient. Le général Jafari a recommandé instamment aux Etats-Unis d’abandonner le Proche-Orient et de se retirer à une distance allant jusqu’à 2000 kilomètres de l’Iran (le rayon d’action des missiles balistiques iraniens à moyenne portée). D’après certaines données, le commandement iranien a repointé ses missiles sur les sites liés aux forces armées américaines déployées au Proche-Orient. 

Ainsi, la guerre froide entre les Etats-Unis et l’Iran qui continue depuis près de 40 ans accède pas à pas grâce aux efforts de l’administration du président Trump à sa phase critique. Non seulement l’Iran, non seulement le Proche-Orient flamboyant sont menacés, c’est le régime de non-prolifération des armes nucléaires qui est mis en cause.

 

dimanche, 05 novembre 2017 12:54

Les idées du Monde russe pour la paix

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Nijni Novgorod - Moscou

Plus de 500 délégués de 73 pays ont participé cette année à la XIe Assemblée du Monde russe à la  veille du Jour de l’Unité nationale. La séance s’est déroulée à Nijni Novgorod, centre industriel, scientifique, culturel et historique de la région de la Volga ayant joué le rôle particulier dans la gestation de l’Etat russe.

La discussion consacré au thème essentiel de l’Assemblée « Les idées du Monde russe pour la paix » a confirmé les propos du Président de la Russie Vladimir Poutine ayant dit que « l’expérience séculaire de nos ancêtres, les traditions de confiance et de solidarité réciproques éprouvées des siècles durant peuvent et doivent faire un apport substantiel au règlement des problèmes civilisationnels et humanitaires clés du monde contemporain », que le « grand » Monde russe a des acquis à offrir au mode global tant dans la coopération interculturelle, interconfessionnelle, interethnique que dans la sphère humanitaire et la formation de l’agenda global dans la réalité géopolitique multipolaire en voie de gestation.

Les scientifiques, les hommes de la culture, les historiens, les politologues, les journalistes, les professeurs de russe des différents pays – « tous ceux qui aiment la Russie, qui conservent les liens spirituels avec elle, cherchent à participer à la mise en œuvre des projets d’enseignement et d’information » ont échangé d’opinions sur les problèmes clés de la sauvegarde du patrimoine culturel et historique de la Russie, de la cohésion du Monde russe, ont abordé un vaste éventail de questions liées au rôle de la langue russe en tant que partie inaliénable de la culture russe et mondiale qui propage les principes humanistes profonds et les valeurs spirituelles et morales.

Les tables rondes: « La langue russe dans le milieu d’enseignement polyethnique », « Le Monde russe et Pouchkine », « Le dialogue interreligieux en Russie : expérience et perspectives », « Espace médiatique dans le contexte du dialogue des cultures » ont eu lieu dans le cadre de l’Assemblée.

Les délégués lettons et mexicains, britanniques et israéliens, chinois et canadiens ont signalé la portée mondiale du patrimoine spirituel et historique de la culture nationale russe en réaffirmant les propos du message adressé aux participants à l’Assemblée par le Saint Patriarche Cyrille sur la viabilité des « idées formées dans l’espace civilisationnel du Monde russe sur la base des principes spirituels et étiques ayant l’importance impérissable, universelle ».  

Plusieurs délégués ont déclaré que la concurrence globale dans le monde contemporain acquiert une importance culturelle et civilisationnelle, qu’en plus de nouvelles possibilités, elle lance de nouveaux défis mettant parfois en cause l’identité culturelle des pays et peuples.

Dans cet ordre d’idée, l’espace médiatique, produit des deux milieux : culturel et social est un régulateur important. L’évolution de l’espace socio-culturel mondial n’est possible qu’à condition des cultures ethniques et artistiques suffisamment répandues dans le milieu médiatique. La Déclaration universelle de l’Unesco sur la diversité culturelle y invite en considérant le maintien des cultures ethniques comme une condition importante de la survie de l’humanité.

Comme ont dit les délégués à l’Assemblée, le modèle russe de coopération interculturelle, interethnique et interconfessionnelle ayant subi l’épreuve du temps confirme d’une manière convaincante son indépendance et stabilité. Il est nécessaire de le répandre plus activement et largement. Il n’est pas à douter qu’il est nécessaire dans le monde contemporain. Le pluralisme culturel fondé sur la création conjointe, l’influence et l’enrichissement réciproques plutôt que le « multiculturalisme », la cohabitation forcée des ressortissants des milieux culturels n’ayant rien de commun qui ont suscité des doutes concernant la tolérance. Cette réalité est un contenu pour avancer activement dans l’espace informationnel mondial.  

Les délégués à l’Assemblée ont signalé le renforcement de la diplomatie culturelle, partie intégrante de soft power dans le contexte où la Russie et le Monde russe ressentent une pression informationnelle colossale. Elle est aujourd’hui impossible sans les innovations et évolue simultanément à la diplomatie numérique en renforçant la présence audiovisuelle sur Internet, les réseaux sociaux, les messagers, les médias multimédia.   

Il a été indiqué que malgré les percées technologiques dans le milieu médiatique (Big data, robots-journalistes, messagers devenus en fait « nouveaux réseaux sociaux » et le milieu global d’habitation pour près de 2 milliards de personnes), l’intérêt à la profession de journaliste ne diminuait pas. Tout le monde s’initie aux technologies qui deviennent moins précieuses. Il importe d’offrir des idées liées aux besoins profonds du public.  Les algorithmes automatiques ne sont pas en mesure de le faire. On a besoin d’intuition, de goût, de sens de la mesure. Le potentiel de croissance le plus élevé réside dans le développement des projets culturels, humanitaires, d’éducation, d’enseignement, notamment du projet « L’Ecole russe à l’étranger » prévoyant de porter les quotas d’admission des étudiants étrangers aux établissements russes d’enseignement supérieur à 30 000 par an en mettant l’accent sur l’octroi des places financées du budget aux étudiants russes. 

Les participants aux discussions à l’Assemblée ont souligné que les nouveaux médias présentaient de plus en plus souvent le journalisme comme un choix étique et moral personnel, la responsabilité civile personnelle.

Le diapason intérieur : la voix de la conscience dans la tradition orthodoxe russe doit jouer son rôle. C’est un trait universel inné plutôt que les « valeurs universelles authentiques » inventées pour satisfaire des intérêts politiques, idéologiques ou économiques. Il est impossible d’avancer sans consensus moral. Cela concerne la politique, le journalisme parce que dans le contexte mondial des relations entre les cultures et les ethnies les médias traditionnels ou interactifs sont les plateformes de confrontation plutôt que de connaissance.

 

Les délégués à la XIe Assemblée du Monde russe se sont prononcés pour poursuivre les efforts dans la mise en œuvre de l’agenda mondial positif, dans le développement du dialogue intercivilisationnel. Le Monde russe qui conserve et développe les traditions de son histoire et culture et respecte les cultures d’autres peuples est toujours ouvert à un tel dialogue. 

 

 

Le phénomène des droits de l’Homme est l’une des « sempiternelles » questions de l’existence humaine. Pour cette raison, ce point sera toujours parmi les plus discutables. A l’heure actuelle, la question sur la défense et le respect des droits de l’Homme est devenue l’un des volets à part entière du droit international (1). Cependant, le processus de transformation de la civilisation terrestre en un système global basé sur des liens réciproques ne fait que stimuler de nouvelles discussions concernant la définition des droits de l’Homme, l’universalité des normes concernant les droits de l’Homme, les limites de la propagation de ses droits et le relativisme culturel. Depuis déjà longtemps, ces problèmes-là sont devenus l’un des sujets cruciaux de l’agenda international.

C’est ainsi que les représentants d’un nombre important de pays orientaux (Chine, Indonésie, Syrie, Pakistan, etc.) promeuvent leur propre vision des droits de l’Homme, différente du concept occidental, que l’on pourrait résumer par les points suivants : a) il faut tenir compte de la spécificité régionale quand on définit et applique les droits de l’Homme ; b) les droits socio-économiques doivent passer en premiers par rapport aux droits civils et politiques et les droits collectifs sont prioritaires par rapport aux droits individuels ; c) l’État seul est en mesure de définir le statut de la personne humaine.

Nombreux sont les experts y compris les spécialistes occidentaux, à croire que la différence objective du statut juridique de la personne humaine se traduisant par des valeurs différentes, est à l’origine du rejet des droits de l’Homme en tant qu’une forme et une valeur occidentales. L’Occident favorise les intentions subjectives et organisatrices d’un individu. Les cultures orientales, quant à elles, misent plutôt sur les activités pas d’une personne mais d’un groupe traité comme un tout collectif (et c’est bien le groupe qui est reconnu pour être le porteur des droits réels et l’individu n’a de droits qu’en tant que membre de ce groupe-là). La dépendance d’un être humain par rapport au groupe est encore plus prononcée chez les peuples islamiques.

Cependant, il faut reconnaître que la thèse sur l’humanité considérée comme une communauté unie, liée par des règles universelles, est le point de départ pour les religions mondiales. Il est tout de même à dire que le statut de la personnalité change d’une religion mondiale vers l’autre. Les droits de l’Homme sont définis dans la Charia, mais le rôle dominateur dans ses droits est attribué aux obligations de l’être humain qui lui sont fixées par Allah.

La définition de la personnalité est à la base même des différences existant entre les cultures de type chrétien-occidental et confucéen. A titre d’exemple, en Chine, un être humain seul n’est pas habilité à se porter contre la famille et les relations sociales qui sont les siennes dès sa naissance. D’un autre côté, le libéralisme moderne remplace la notion chrétienne d’un Dieu universel par la notion de la nature humaine unique et auto-déterminante servant d’assise universelle à la justice.

Une autre cause importante de scepticisme grandissant portant sur l’universalité de perception des droits de l’Homme demeure en approche sélective pratiquée sur ce point par les pays s’érigeant en maîtres spirituels de la communauté mondiale et se croyant être les meilleurs interprètes  « des standards humanitaires les plus modernes ». Un exemple caractéristique d’une telle « sélectivité » est livrée par le refus des Etats-Unis d’abroger la peine capitale en vigueur dans un grand nombre de leurs Etats.

Selon une tournure exacte du Président de Russie V.V. Poutine, au cours des 2-3 dernières années, le monde est devenu témoin « d’un système des deux poids et deux mesures dans les jugements des crimes perpétrés contre la société civile » (dans le Sud-Est de l’Ukraine, en Syrie, en Irak) et « les violations des droits fondamentaux de l’Homme portant atteinte à la vie ou dans le domaine de habeas corpus ».

En même temps, sous l’égide de la « guerre contre le terrorisme » se déroulant au cours des dernières décennies, la filature des masses, la réclusion sans sentence de la Cour et sans enquête préalable, les tortures perpétrées contre les présumés coupables de terrorisme deviennent monnaie courante même dans les pays de la soi-disant « démocratie mature ». Les exécutions sommaires et l’usage massif des drones contre les soi-disant terroristes sont appliqués de plus en plus souvent. La tendence inquiétante de limitation d’accès à l’information et atteinte à la liberté d’expression avec poursuites des médias indésirables et des journalistes concrets, le renforcement des contrôles et de la censure dans le domaine des communications électroniques vont crescendo.

La globalisation ne fait qu’envenimer la concurrence interétatique. Dans ces conditions, les pratiques vicieuses du temps de la « guerre froide » sont en train de renaître. Ca se caractérise par un tracé en pointillé de la ligne de démarcation entre une coopération constructive dans le domaine de la défense des droits de l’Homme et les tentatives d’utiliser les défenseurs des droits de l’Homme en tant que « pions » dans les jeux politiques. Aujourd’hui, très souvent, de nouveau l’autonomie par rapport aux gouvernements des mouvements sociaux ou des ONG n’est qu’une illusion. Par contre, les liens entre les cercles officiels et les ONG sont beaucoup plus étroits que l’on n’ait pu l’imaginer.

En gros, le côté contradictoire de l’ascendant du processus de globalisation sur la sphère des droits de l’Homme est, pour une large part, tributaire de son caractère simultané aussi bien que de son instrumentalisation pratiquée par les pays occidentaux.  

C’est bien pour cette raison-là que l’on peut faire une double lecture des droits de l’Homme tels que perçus par le modèle occidental : d’une part, ils sont devenus l’une des sources et des éléments-clé de la doctrine de globalisation ; d’autre part, les idées de transformation des processus socio-économiques dans le monde sont repoussées de la façon la plus vigoureuse  par les opposants parce que perçues comme l’alignement sur « un prêt-à-porter » artificiel.

Comme résultat, la globalisation cesse d’être un processus à sens unique. Les efforts contrant son avancée, cherchant à éluder la perte des valeurs traditionnelles cristallisées dans moult Etats et communautés différents au cours des millénaires de l’existence de la civilisation humaine, deviennent de plus en plus évidents dans la politique, les sphères idéologique et culturelle. Il est désormais clair que la conjoncture actuelle doit tendre vers un compromis de la part des participants de ce processus.

La Fédération de Russie soutient fermement et posément la même position selon laquelle la rhétorique abstraite prônant « la défense des droits de l’Homme » doit être remplacée par un travail systématique de la communauté internationale portant sur les volets de la formation, culture, lutte avec l’immigration illégale et avec le trafic des esclaves aussi bien que le terrorisme. Compte tenu de ces conditions, force nous est de constater que les crises dans le domaine du relationnel international ont eu un effet néfaste sur les institutions internationales « droits-de- l’hommistes » les plus importantes. Ces organismes refusent souvent de réagir de façon adéquate et efficace face aux violations généralisées des droits de l’Homme dans les points chauds du monde. Surmonter de telles tendances négatives est l’une des priorités de la politique extérieure de l’État de Russie.

Ainsi, les derniers défis à relever dans le domaine des droits de l’Homme, tels que l’atteinte à la paix et à la sécurité internationale, violations généralisées des droits de l’Homme, problèmes liés à la sécurité internationale, économique, écologique et alimentaire – génèrent la nécessité d’élaborer de nouvelles approches et d’unir les efforts des institutions politiques « droits-de-l’Hommistes » à l’échelle nationale et internationale pour atteindre un nouveau niveau qualitatif.

Commentaires : 

1. Déclaration Universelle des droits de l’Homme (1948) ; Le Pacte international sur les droits ciivils et politiques et Le Pacte international  sur les droits économiques, sociaux et culturels (1966) ; protocôles adoptés ultérieurement en annexe.

Ce concept a aussi trouvé son expression (sous une forme ou une autre) à travers les constitutions d’une majorité écrasante des Etats modernes y compris la Constitution de la Fédération de Russie de 1993. 

 

    

L’homme politique français de la droite-centre et le représentant officiel de son parti « Debout la France » Damien Lempereur a été l’observateur officiel lors des  dernières régionales en Russie, sur une invitation spéciale des autorités locales. Au nom de son parti il a décidé de se prononcer sur les points les plus sensibles du relationnel russo-européen y compris les rapports à construire entre la Russie et la France. Il traite parmi d’autres les questions sur le dossier syrien, mécanisme des élections en Russie, présence des médias russes en France, etc.

 

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